‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 36 sur 110 · QUES · texte numérisé non relu

QUES

Cependant Calvin continuait à Genève son œuvre de théocratie ecclésiastique. Il avait réussi à imposer ses lois somptuaires et les Genevois pliaient sous le joug de sa puissante volonté :

«Défense de danser et même de voir danser, d'entonner chansons* * . . vaines. La musique était interdite même aux fêtes nuptiales. $ 1

Il était interdit à tout «citoyen, bourgeois ou habitant de la ville, quel qu’il soit* d’aller boire ou manger en aucune taverne ou cabaret* ». Et les taverniers qui méconnaissaient cette ordonnance devaient payer «une amende de 60 sols, pour la première fois, et la seconde, ils étaient privés de tenir logis. »

«Les dits o&baretiers ne donnent à manger ni à boire, pendant les heures du sermon du dimanche et jours de prière, sous peine de 60 sols* Les dits hôtes et hôtesses doivent faire, en

1 Genève et sea poètes, Marc Monnler* page 77.

leurs logis j les prières à Dieu, devant et après le repas* sous peine de 60 sols pour chaque fois* 9

Ceux qui osent porter des vêtements que n’approuve pas le Consistoire tel que «pourpoint croisé », sont condamnés « à trois jours de prison, au pain et à Feau et à 60 sols d'amende, »

Un brave bourgeois, en veine d’innocente plai- LES BÉFBESSTONS

. J -t , v , * CGNS ISTQBIÀLES

santene, est condamné a la prison, au pain et a 1 eau, pour avoir osé dire à un ami qui avait comparu devant les membres du Consistoire : «Que t’ont dit ces baguenaudiers » ? Un boucher, convaincu de mv. connaître «ses prières, est condamné à se trouver tous les jours au sermon sous peine d’amende». Un pâtissier qui, sans avoir ouï le sermon, est allé prendre la Cène, en venant de panser ses chevaux, est condamné «à vider la ville dans les six jours et à n3y plus retourner, sous peine du fouet,» «La loi, écrit Marc Morutier, intervenait partout ; elle réglait les modes, fixait le menu des repas; deux plats; viande et légumes, sans pâtisserie, ♦. Le Consistoire citait à comparaître, devant lui, tous ceux qui avaient péché contre les mœurs* Et quels étaient les délits de ces grands coupables 1 Une femme s’était avisée de prier en latin et de dire : «Ave Maria !» Une autre avait porté des cheveux pendants ; une autre s’était montrée en publie avec des culottes buuf-

LA RÉFORME CALVTKISTE A L’ ŒUVRE

Page 1