LES DROITS CALVIN
ou de ne pas prier, d’assister au culte ou de s’en dispenser, de participer librement à la sainte Cène ou de s’en abstenir, si Dieu permettait une chose semblable «c’en serait fait de moi!» dit Calvin.
L’aveu est naïf et touchant. Il ne s’agit pas de la Déforme ou des principes qu’il a lui-même inconsciemment proclamés, en se dressant de toute sa conviction personnelle, contre l’autorité de Rome. II s’agit de lui. La Réforme, c’est lui. La liberté de conscience, elle est son apanage. Le droit d’interpréter la Bible, il s’abolit en lui. 1 Calvin ne peut pas admettre , il ne peut même pas comprendre qu’on puisse penser autrement qu’il pense, sans être nécessairement un ouvrier du démon. Il a droit à la liberté parce que, dit-il, «étant assuré que ce que j’ai enseigné et écrit n’est point cru en mon cerveau, mais que je le tiens de Dieu, il faut que je Je maintienne.»'2 Calvin, de la sorte, a l’imprescriptible droit, non seulement de se faire à lui-même sa foi, mais de régler la foi des autres, d’édicter des ordonnances morales, d’imposer l’obligation de la prière et l’assistance au culte, de faire saisir et conduire au Temple les récalcitrants, de punir d’une amende ou de la prison les réfractaires, d’autoriser ou d’in-
1 .Je prouve si bien et dûment cette doctrine par l'Ecriture «rôde qu’il est impossible à l’homme vivant d’y résister. » (Opp. XIV.: p. 378) Et quand F homme Tirant ré si?- te, c’est à Dieu qv'ü résiste, tout simplement.
* Jules Bonnet. Lettres françaises de Calvin, Pag, 363* Tome I.
SÉBASTIEN CASTEELION
terdire la sainte Cène, de «connaître» des péchés de tons, de les châtier comme ils le méritent, de fixer la Vérité dans les formules d’une Somme définitive ou d’un Catéchisme. Il a le droit d’imposer ses doctrines comme la Vérité révélée, «de couper la broche» à toute nouveauté, de décréter d’hérésîe et de punir les hérétiques.
L’empêcher de dominer, comme il l’entend, «c’est écraser, sous un despotisme satanique, la liberté de son ministère. »
Mais, dans cet exposé des droits de Calvin, on les droits des pourrait se demander ce que deviennent les droits AUTEES des autres. Leurs droits ? Ils n’en ont qu’un : celui de se soumettre, avec bonne grâce. S’ils ne se soumettent pas, ils se condamnent eux-mêmes, car ils ne peuvent avoir qu’un dessein : «c’est de dépiter Dieu en sa personne ». 1 S’ils réussissent à faire échec à son autorité toute-puissante, c’est que Satan les soutient et «leur despotisme opprime l’Eglise de Dieu».
Ce qui est le plus stupéfiant, dans cette audacieuse captation de toutes les valeurs de la Réforme,
;MI seul Profit de Calvin, c’est l’inconcevable assuîunce, la manifeste bonne foi, la sereine tranquillité, l’olympienne inconscience avec laquelle il l’accomplit. Il ne conçoit pas que Dieu ouïsse permettre
Cité par las frères de Haog. Fronce protestante. Art. Calyib.
LÀ RÉFORME CALVINISTE À L’ ŒUVRE
qu’on lui résiste. D’ailleurs, il va bientôt prêter à DierTson^concours empressé pour briser cette résistance. Il a déjà dit son sentiment au duc de Somerset. Il le confirme, maintes fois, dans ses lettres. Il n’est pas homme à tolérer plus longtemps la sourde révolte qu’il sent monter autour de lui et «si Dieu permet à Satan d’écraser, sous un tel despotisme, la liberté de son ministère», il ne paraît pas disposé à souscrire à cette permission.
Sa résolution est prise et il ne la voile pas au confident de ses tourments : «Aussi' bien, conclue-t-il dans une lettre à Viret, voilà de longues années que l’impunité des crimes va croissant.» Si on songe
que cette lettre fut écrite, le 3 septembre 1553, c’est-
à-dire à une époque où, déjà, certains crimes d hérésie avaient été punis par les plus affreuses tortures, on se demandera avec effarement quelles pénalités plus rigoureuses pouvait souhaiter le Kefoimateur.
et les FKiNCT- Quoiqu’il gq soit, les principes initiaux de la Ré-
“"forme n’erirtebt plu» à Genère. Le libre esamen est pourchassé comme une suggestion satanique. Le salut par la foi, personnelle et libre, est la plus criminelle des hérésies. Les dogmes calvinistes seuls importent, et le salut, donné de toute éternité à ceux que Dieu prédestine, est le seul qui soit accessible
aux croyants. Il n’y a plus trace à Genève du bel élan d’émancipation spirituelle qui avait soulevé
les premiers protestants contre l'autoritarisme papal* Genève est devenue une seconde Eome avec un Chef aussi puissant, aussi infaillible, aussi exclusif et aussi nettement autoritaire. La domination tbéocratique de Calvin ne le cède en rien à celle de Pie III : et c’est au même titre qu'il se fait pourchasseur d'hérésies et pourvoyeur de-^ourreafux L Il faut lire la consultation des Eglises suisses qui a eu lieu à cette époque. Dans toutes les lettres de leurs conducteurs se manifestent la crainte sacrée de l'hérésie, la peur d'être accusé de les tolérer et d'encourir, par là, la vengeance divine, la nécessité absolue de les réprimer, par tous les moyens. N'estce pas là toute la mentalité de Pie III ! Comment s'étonner, dès lors, que Calvin emploie les mêmes procédés d'inquisition et de torture ï «Ali! si Ton n'avait rien à craindre pour ses intérêts, écrivait àBul linger un ami de Calvin, quelles opinions monstrueuses nous entendrions ! 2».
Malheureusement pour le Réformateur, toutes les consciences ne pliaient pas devant leurs intérêts. Il y en avait au moins une, celle de Castellion qui se montrait irréductible. Mais Castellion n'était
1 «S'il fallait quelque part en Europe un homme pour brûler ou pour rouer, cet homme était à Genève prêt et dispos, qui partait en Louant Dieu et en lui chantant des psaumes. » (Michelet).
1 G. GttATAHOLE. Opp. Calvesi, 14, 649 Octobre 1553.
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pas- le seul à soutenir « ces opinions monstrueuses ^ qui donnaient par anticipation le frisson au correspondant de Bullinger. Il y avait un autre hérétique, plus dangereux peut-être, sinon plus intraitable : c’était Michel Servet h Calvin le connaissait depuis longtemps. Il avait eu l'occasion de voir que son omnipotence doctrinale ne s'étendait pas sur l'âme de Servet. Celui-ci, ainsi que Castelüon, était venu à la Réforme, comme on vient à une religion de liberté où l'Esprit vivant se fait annonciateur d'indépendance spirituelle. Il avait cm innocemment à la Réforme et il en était resté à l'idée génératrice qui en faisait un mouvement spontané d'émancipation religieuse et morale. «Féconde est la puissance de l'Ecriture, s'écriet-il. Sous l'ancienneté de la lettre qui tue est la nouveauté de l’esprit qui vivifie. ^ Il ne tarda pas à voir que l’oeuvre de Calvin était la négation même des principes de la Réforme. Il l'en avertit avec l’espoir
1 Malgré que les faits concernant son arrestation, son procès et sa mort ■oient connue* il est, indispensable, poux la compréhension de cette période troublée de la Réforme, d7en noter ici les étapes essentielles : Michel Servet était d’origine espagnole. Fuyant V Inquisition de ion pays, Il ec réfugie à Toulouse» Ses sympathies pour la Religion réformée F obligent à fuir à nouveau» H entre en relation avec les Réformateurs, en particulier avec ceux: de Strasbourg, de Berne et de Zurich. Dès le début, il voit tout ce qui le séparé d’eus. A Tarie, il étudie la médecine et aea recherches scientifique* ramènent à découvrir ce que Michelet appelle d’arbre de vie, le mystère humain», la circulation du sang. Sa description de la petite circulation, le classe parmi les plus grands savants de son siècle. U s'installe à Vienne où, en qualité de médecin, il se rend bientôt populaire, par sa science sûre et son iné* puisable bienfaisance.
SÉBASTIEN CASTJSLLION
confiant et naïf qu'il comprendrait son erreur :
Je t ai souvent averti, lui dit-il, que tu faisais fausse route, . . « Le Seigneur te donnera de recevoir F intelligence exacte des choses * . .
Mais Servet ne devait pas garder longtemps cet espoir. Il connaissait, en Calvin, l'homme avec lequel on discute, il allait découvrir bientôt le demidieu à qui oh ne pouvait toucher, sans commettre un sacrilège. Avec quelle superbe, Calvin dira plus tard : «Mes amis familiers savent que jamais je ne me suis ému >> des paroles de Servet «non plus que du hin-han d’un âne. 1 », Mais le grand savant que Calvin traitait de la sorte ne s’en tient pas à de vagues avertissements. Il annote Vlmtüution chrétienne, et la lui envoie, avec en marge, ses objections j et elles étaient nombreuses. Calvin s3 en plaint amèrement à Viret : «Servet, écrit-il, comme s'il eut humé quelque poison pour le mettre en frénésie, se jette sur tous mes livres, chargeant toutes les marges d’injures, comme un chien qui eût mordu et rongé quelque pierre 1» 2 Calvin affecte de n'y attacher aucune importance: «Pour en dire ce qui en est, c était plutôt matière de risée quant à moi, pour ce qu'il n'y avait nulle gravité d'homme de lettres,
1 Déclaration pour maintenir la vraie foi, par Calvin, Page 59. C’eat ainsi que Calvin parle de ce savant génial dont Michelet a dit qu’il était le < Copfirmc . . de Fhomme* *■
2 Déclaration. Ibid. Page 59.
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mais plutôt il babillait en harengère. 1 >>. Cependant il ne devait pas tarder à le prendre plus au sérieux, Servet, en effet, travaillait à son grand ouvrage où il devait mettre toutes ses innovations hardies* Ce livre contenait un véritable plan de Réforme de la Réforme et pour qu’on ne pût pas s’y tromper, ill’appeïa la Restitution du Christianisme, a par opposilâ restitution tion à l'Institution Chrétienne de Calvin* Exposé à toutes les tracasseries d’une Inquisition en éveil,
CH Ri 5TIÀNI BM l£
Servet fit imprimer secrètement son ouvrage, et il en envoya, en 1541, à Calvin, un extrait manuscrit et un certain nombre de feuilles déjà tirées* Il lui fit même parvenir le volume entier, dès qu’il fut terminé. C'est, du moins, ce qui semble ressortir nettement d’une lettre de Calvin à Farel, datée du 13 février 1546 :
«Servet, dit-il, m’a écrit dernièrement et a joint à sa lettre un énorme volume de ses rêveries on m’avertissant avec une irrévérence fabuleuse que j’y verrais des choses étonnantes et inouïes. £
Servet, malgré les violences de Calvin, avait encore confiance en lui* Il lui offrait même, avec une candeur touchante, de venir le rejoindre à Genève, pour travailler avec lui :
I1 Ib. p. 50. Il ne faut pas oublier qu’il s'agit ici d'un homme que sa découverte de la circulation puimormaîre met au rang des plus grands précurseurs : «Qu’eafe-ce que le 16e siècle, en son lait dominant î se demande Michelet. La découverte de Tarbre de vie par Servet. *
2 Christianiêmi Uestifcutio.
SÉBASTIEN CA3TELU0N
«Servet m’offre de venir ici, si cela me plaît? continue
Calvin mais je ne peux pas engager ma parole, car s’il
vient je ne souffrirai pas, pour peu que j’aie du crédit dans cette cité, qu'il en sorte vivant 1
On sait ce qu’était le crédit de Calvin, On peut mesurer la portée de cette menace. Servet ignore ces confidences mais il a eu communication d’une lettre de Calvin à Frelon % où le Réformateur, soulignant «son esprit tant superbe», affirme qu’il n’y a pas de leçon «qui lui soit plus nécessaire que d’apprendre humilité» et où il déclare nettement qu’il ne doute pas que «Servet ne soit un Satan». Servet commence à comprendre que sa confiance était une naïveté. Cette façon de répondre à l’offre si sincère qu’il avait faite, le jette dans de grandes craintes. Il se demande si Calvin mérite sa confiance, et, pris de soupçons, il lui écrit: «Puisque tu crains que je sois pour toi un Satan, je m’arrête. Renvoie -moi donc mon manuscrit) et porte-toi bien.»
L’idée que Calvin pouvait abuser de son manuscrit ou de ses lettres semble injurieuse, au premier abord, mais Servet venait d’éprouver une trop amère déception pour que l’espoir qu’il avait mis en Calvin résistât à ce choc. La confiance abolie, le soupçon se fait jour. Et le soupçon se change bientôt
1 Lettre du 13 février 1 540 : «nam si venait, modo valeat authoritas, vlv viiTii eiire non patîar. *
2 Libraire à Lyon. Lettre du 13 février 1546, signée d*un pseudonyme (Calvin en avait plusieurs) Charles o’Espe ville.
LA RÉFORME CALVINISTE À L* ŒUVRE
en certitude. Calvin ne ménage pas ses propos, et son inimitié se manifeste jusque dans ses Commentaires de la Bible , « Je sais, écrit-il en marge du quatrième Evangile, qu’il y a un méchant garnement plein d’orgueil, Espagnol de nation, nommé Servet, lequel a forgé des nouveautés étrangères à l’Evangile*» Et exposant sa doctrine personnelle, Calvin ajoute : «Je sais, ce chien de Servet aboie de contraire* » Mais ce «chien de Servet» n’est pas disposé à cesser son «aboiement. » Il est trop convaincu pour renoncer à ses idées. Cependant il est fixé désormais. Il sent que c’est une guerre à mort que Calvin lui déclare. Et ce péril, loin de le décourager, l'exalte dans sa foi. Témoin du Dieu vivant, il ap- X-iortera au monde son témoignage de libre croyant, et c’est avec la crânerie d’un héros de la conscience qu’il s’apprête au combat : «Je sais, écrit-il, je sais que je dois mourir pour la cause de la vérité. Cette pensée n’abat point mon courage. Disciple, je vais sur les traces de mon Maître. »
LE i C H it 1 ST » DE Son Maître ! On ne dira jamais assez avec quelle
ai [ch el hERvtr touchante affection, avec quelle adorable naïveté, ce pseudo -hérétique parle de Jésus :
«Le Fils de F Homme, écrit-il dans sa Rénovation , le Christ vivant est le but de toute la Bible. Son ombre apparaissait déjà dans d’autres créatures, avant qu’il ne vînt, parmi les hommes ... * mais dès qu’il s’est montré, le corps, F âme, la mort, l’enfer, toutes les sciences ont été absorbées dans sa
SÉBASTIEN CÀSTEUAON
vérité éternelle - En Christ seul est toute plénitude et
notre salut tout, entier.
Pour le connaître, je rassemble toutes mes forces, je médite le jour et la nuit, implorant sa miséricorde et la révélation de sa vraie connaissance* Nous ne pouvons pas illuminer nous-memes notre coeur, car de même la lumière de T univers est condensée dans le soleil, et de là se répand pour mettre en fuite les ténèbres, ainsi cette lumière primitive et substantielle de Dieu est en Jésus et nous inonde de ses rayons ...»
O bon Jésus, ce qui me fait surtout P offrir le culte de ma tendresse, c'est que pour moi tu as voulu boire la coupe d’amertume . . * . » 1
La coupe d'amertume n’était pourtant pas vidée servet pour Servet et il devait ne pas tarder a s en aper- hérétique cevoir, Il allait boire au calice sacré*
La Restitution du Christianisme n'était pas encore en circulation* L'Inquisition veillait à Vienne, et Serve t avait fait nuitamment transporter les ballots de son livre en lieu sûr, attendant un moment favorable pour le répandre* C'est alors que se produisit une dénonciation qui le jeta dans les plus cruelles alarmes.
Appelé devant le tribunal de l'Inquisition, il apprit qu'une lettre de dénonciation était parvenue à Vienne et qu'on l'accusait d'être l'auteur d’un livre d’hérésie. Mais l’interrogatoire n’apporta aucune preuve. Les protes refusèrent énergiquement de trahir le secret, et, la perquisition n’ayant donné
Cité par A. Dlde, Michel Servît efc Calvin, Page 82,
LA RÉFORME CALVINISTE A L7 ŒUVRE
aucun résultat, Servet tut relâché. Il semblait désormais hors de cause, mais le dénonciateur, mis en demeure de donner des preuves, en envoya d'abondantes : «Si on lui mettait au-devant, écrit-il, îe livre imprimé il le pourrait nier. Oe qu'il ne pourra faire de son écriture ». Et le zélé pourvoyeur de rinquisition communiquait aux Inquisiteurs des feuilles imprimées et le manuscrit de quelques-unes d’entre elles avec, en plus, des lettres de Servet qui devaient faire indiscutablement authentiquer îe tout. Il pourrait à la rigueur envoyer des preuves plus nombreuses ; mais il n'est pas nécessaire «d'avoir plus, écrit-il, pour se saisir de sa personne et lui faire son procès.» C'était suffisant, en effet. qvj était le Le Tribunal était fixé. Servet est arrêté et sa cond énonciateur . ^amnarïon? cette fois, est certaine* Cette dénonciation, accompagnée de preuves accablantes, devait faire grand bruit. Qui était le dénonciateur % Des noms furent prononcés. Celui de Calvin le fut d'une façon persistante et la rumeur publique commen- ♦ çaït à devenir inquiétante.
Calvin s'en émut :
«Le bruit vole çà et là, écrit-il, quelque temps après, que fai pratiqué que Servet fut pris en la papauté, à savoir à Vienne. Sur cela, plusieurs disent que je ne me suis pas honnêtement porté, en T exposant aux ennemis mortels de la foi, comme si je F eusse jeté en la gueule des loups. Mais je vous prie, d'oü me serait venue soudain une telle privauté avec
SÉBASTIEN CASTELLIOSf
les satellites du Pape ? Voilà une chose bien croyable que nous communiquons ensemble par lettres, et que ceux qui Raccordent avec moi, aussi bien comme Bélial avec Jésus -Christ, complotent avec un ennemi si mortel, comme avec leur compagnon.
Cette déclaration, si embarrassée qu’elle puisse être, constitue un démenti très bref qui devait réduire à néant tous les soupçons* Calvin rejette, comme une accusation ridicule, le fait «de ne pas s’être honnêtement porté en exposant Servet aux ennemis mortels de la foi* »
Cependant, pour quelqu’un qui lit entre les li-^ ™k™±jh-
LItÉ DE CALVIN
gnes et s’attache autant à la pensée qu’aux mots, le démenti est moins net qu’il ne semble au premier abord* C’est que Calvin était fixé : il savait bien qu’il ne s’était pas honnêtement comporté, en cette circonstance* Et son triste démenti, enveloppé de tant de précautions, constituerait un audacieux mensonge, s’il n’était un acte d’hypocrisie et de duplicité, destiné à «sauver la face»* Calvin, en effet, n’avait pas « jeté Servet en la gueule des loups * * * * »
D’où lui serait venue soudain «une telle privauté avec les satellites du Pape % » Ce n’était pas une «chose bien croyable» qu’il ait communiqué avec eux par lettres. En effet, Calvin n’a pas écrit : c’est de Trie , un de ses plus intimes amis qui tient la plume* C’est de Trie qui dénonce Servet, mais Calvin seul avait un exemplaire de la Restit ution chrétienne.
1 Déclaration pour maintenir la vraie foi, par Calvin, Page 53 et 54,
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la Valeur