‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 40 sur 110 · LA SENTENCE DE VIENNE · texte numérisé non relu

LA SENTENCE DE VIENNE

Hélas, l'argument d'autorité qui lui était si familier n'a plus la même valeur t devant l’histoire. L'aveu du dénonciateur de Trie est là pour confondre Calvin. Sa superbe ne tient pas devant ce témoignage. Aussi bien, la sentence du tribunal de Vienne ne laisse subsister aucun doute: «Vu, ditelle, vu par nous les pièces justificatives des hérésies de maître Michel de Villeneuve (Servet), vu les épîtres et écritures , de la main du dit Villeneuve adressées à maître Jean Calvin, prêcheur à Genève . . sera ledit Villeneuve , » brûlé tout vif et à petit feu. ...»

C'est bien décidément Calvin qui est responsable de la condamnation de Vienne, et l'on comprend le sentiment de tous cens qui, en présence de ces faits, s'indignent d'une telle attitude et d'un démenti qui, plus encore que l'abus de confiance peut-être, pèsera à jamais sur la mémoire de Calvin.

Voilà pourtant l'homme qui se donne pour leEéformateur de la conscience religieuse et pour le défenseur de «l'honneur de Dieu. » «C'est, écrit Henri Martin, le plus terrible exemple du bouleversement du sens moral où peuvent entraîner les pas-

le faire punir par qui que ce fût, je ne le voudrais point nier et ne pense point que cela me tournât à déshonneur. » Ici encore même imprécision. Calvin n’a pas manifesté pour le faire punir. Il n*a pas signalé ouvertement le coupable, mais il n’y a pas là cette négation catégorique du crime luimême qu’on eût voulu trouver ; Il * agit de V envoi réfléchi* volontaire, des seules pièees qui pouvaient faire condamner Servet.

sions religieuses* » — La sentence de Vienne n'avait heureusement plus d'objet* Au cours du procès* Seryet avait réussi à fuir* La flamme du bûcher n’atteignit que son effigie et ses livres*

Désireux de gagner une retraite ignorée* Servet servet a* s™ m

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