X.A DÉPENSE D’üN LIBRE CROYANT
une époque où la lettre de l’Evangile pesait sur la conscience et où le moindre oubli revêtait, dans les âmes d'humilité qui s’étaient volontairement soumises à la volonté du Christ, le caractère d’une inconsciente révolte.
«Mais, poursuit Cas tel lion t lorsque tu affirmes à ce sujet que ce sont là des vices de nature, je dois opposer à tes allégations un formel démenti. Et lorsque tu affirmes que tu as fait ton possible pour me guérir de ce défaut* je dois dire que je n'en ai pas le moindre souvenir. Si c'est vrai, tu as dû le faire avec une bien grande discrétion, car je n'ai rien remarqué. Quoiqu’il en soit, si tu l’as fait, je t’en remercie. du cynisme Mais lorsque, dans ton parti pris d’exagération, tu en viens jusqu’à me traiter de cynique, de bouffon, qui fait profession d’aboyer contre toute piété, ce n’est plus en Chrétien que tu agis, et personne, parmi ceux qui me connaissent, ne te croira. Car jamais je ne me suis permis la moindre plaisanterie concernant les choses saintes. Mes puériles facéties ne touchaient qu’aux choses profanes. Dans le domaine de la religion et de la piété, j’ai toujours eu une véritable horreur des allusions ou des plaisanteries. Mon sentiment n’a jamais varié à cet égard et j’ai même cru devoir, à maintes reprises, adresser des reproches à ceux qui s’y livraient. Je puis citer ici deux témoins avec lesquels tu entretiens des liens de grande affection
BEE) BOUFFON- Casteüion rappelle ici deux livres : la Zoographie nekies |e passavan^ dont les plaisanteries sans esprit
semblaient mettre le comble à la platitude, et dont hauteur, Théodore de Bèze — à la suite de ses avertissements fraternels , — T avait poursuivi d’ime haine mortelle. L’autre témoin, invoqué par Cas-
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BT LES PROCÉDÉS CALVINISTES
tellioH, est Vlret qui avait publié quelques brochures dont les railleries lui paraissaient traiter trop légèrement un grave sujet. Mais Viret avait écouté avec bienveillance ses réflexions et n’avait jamais cessé de lui manifester de l’amitié,
«Maintenant, écrit Castellion, chacun petit juger de ton impartialité : Tu es d’une bienveillance telle à l’égard de ces deux écrivains que tu appelles F un ton frère, et que tu as écrit pour T autre une préface où tu recommandes un livre de ce genre.
Mais contre moi, tu ne trouves pas de mots assez cruels. 3
Ce texte est clair. Il est de toute évidence que Castellion se défend ici d’un reproche et qu’il répond à une attaque de Calvin. Il ne s’agit pas du goût que Calvin peut avoir pour la plaisanterie, il s’agit de sa partialité, Castellion tient à montrer que Calvin a deux poids et deux mesures, qu’il pardonne tout à ses amis, tandis qu’il n’a pour ses adversaires que des paroles de haine, M, Doumergue, dans son accusations »e panégyrique passionné de Calvin, oublie l’attaque ar‘ DÜLMERCrUL de son héros et voici comment il raconte cet épisode :
«Un adversaire de Calvin va souligner, en le lui reprochant, ce goût de Calvin pour la plaisanterie.
Et quel adversaire % Castellion. C’est lui, Castellion, qui se pose en défenseur de la littérature sérieuse en matière religieuse, vis-à-vis de Calvin qui goûte trop la littérature plaisante!» Et M. Doumergue fait suivre cette petite merveille d’insinu-
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LA PÉFENSE d'uN LIBRE CHOYANT