SÉBASTIEN CASTELLI03T
Lîîfl PROTETS
de Madame du Verger, Il le regrettait d’autant plus qudl avait pu se rendre compte de la façon dont Casteîlion comprenait ses devoirs d'hôte.
Mais c'étaient là des préoccupations d’ordre intime, Si Calvin est revenu à Genève, c’est avec la volonté ferme de se vouer entièrement à l’organisation chrétienne de la ville. Aussi, dès son arrivée, fait-il savoir aux autorités genevoises son dessein d’établir ime discipline sévère et de prendre en main la direction absolue de la Rénovation religieuse et morale de la Cité, Il élabore un projet d’ordonnance qu’il soumet au Conseil et qu’on doit accepter, 1 A cette occasion il fait connaître sa volonté au sujet de l'instruction ; il vent la création d’une Ecole de théologie où se formeront les jeunes pasteurs, mais «pour ce qu’on ne peut profiter en telle leçon que, premièrement, on ne soit instruit en langues et sciences humaines, . . , il faudra dresser et» liège pour instruire les enfants, . - Et tous ceux qui seront là, seront sujets à la discipline ecclésiastique comme les ministres.»2
Il s’agit évidemment ici d’un Collège où Ton
* C’ était un y cri table code de prescriptions concernant les doctrines et les moeurs. A côté dea décisions d’une portée générale et avant un caractère très élevé, il y avait toute une série de défenses qui devaient donner naiasanceà des multitudes de comparutions devant le Consistoire et soulever l’indignation de tous ceux qui voulaient jouir de la vie avec quelque indépendance.
a Opp. Cal, vi ni I — 22.
OASTELLIOIÎ À GENÈVE
enseignerait tontes les sciences du temps, en particulier la rhétorique et la dialectique, «Faudra. . . . «avoir homme docte et expert.,., qui ait sous «sa charge lecteurs, tant aux langues comme en «dialectique, s’il se peut faire ; item des bacheliers «pour apprendre les petits enfants et de çà espérons «pourvoir en bref à l'aide du Seigneur *
Cette dernière phrase fut s upp rim ée p ar le Conseil et remplacée par celle-ci : «Ce que nous «voulons et ordonnons être fait. *> Cependant, lorsque Casteliion eut connaissance de ces ordonnances, il n’eut pas une minute d* hésitation ; 0 donna sa démission. Le Conseil enregistra sa décision et lui paya ses honoraires, avec un supplément, indiquant sa gratitude pour les services rendus,
CasteUion n’ignorait pas la pensée de Calvin qui rêvait de rappeler, à Genève, Mathurin Cordier qu’il tenait pour le plus grand pédagogue de 1’époque, Il ne conçut aucune amertume de la nécessité morale dans laquelle il se trouvait d’abandonner l'œuvre entreprise.
Sa modestie lui faisait un devoir de s’effacer devant Mathurin Cordier et tout simplement il rentrait dans l’ombre. Mais Calvin s’était leurré d’un faux espoir ; son vieux maître n’était guère disposé à revenir à Genève et, malgré les instances, malgré les démarches d’une délégation genevoise
tüASTEErLIOZ'i , RÉGENT DU
collège