‹ Sébastien GouvèsChapitre 10 sur 22 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Paul, devenu presque laborieux et désireux de célébrité, utilisait un des nombreux bangars du mas comme atelier pour ses a Ticbes. Grâce à Ourlac, les commandes se suocéilai<mt. Le jeune lioinnic apportait à cet art spécial une extrême ingéniosité, un sens aigu du coloris et du motif pittoresque. Il ne venait à Paris que pour ses affaires. L'attrait d'Henriette Valère le ressaisissait de temps à autre, laquelle habitait avec son mari une délicieuse propriété aux environs de Saint-Remy, dans cette contrée merveilleuse qu'a réveillée le génie de Frédéiîc Mistral. Elle chassait, péchait, faisait de longues promenades en automobile, avec Glorinde assagie, embourgeoisée, et souvent Valère l'accompagnait, dégoûté des hommes et des choses, mais enthousiaste de nature, de poésie provençale et d'exercicél physiques. Il souhaitait de devenir un gentilhomme campagnard, réglant les comptes de ses fermiers, récoltant ses olives, vendangeant, élevant les vers à soie, se conformant à la sagesse antique. Et le voisinage de Paul ne l'inquiétait guère, car il savait l'indifïéience de sa femme et son mépris définitif pour les choses de l'amour.

Le rêve d'Ourlac était de rejoindre son élève, quand il aurait amassé les économies qui lui permettraient de s'acheter un bout de terre et la petite maison à quatre pièces où il était né cinquante-huit ans aupa-

ravant. En atlendant, grâce à des permis de chemin de fer, il apparaissait au mas d'Anglore, en heureuse surprise, et travaillait paisiblement à sa besogne de coloriage : « Le fils de la Merveille, de ma chère Marianne, s'appellera Zebio, je l'espère, et héritera de toute la collection des images dorées du parrain. J'en suis à mon trois millième motif. » Entre temps, il conseillait Paul, dont il admirait les progrès rapides, car la nature originale du jeune homme apparaissait peu à peu, sortait de la mollesse foncière et de la fainéantise militaire.

— Comme c'est beau ! murmurait, devant les esquisses de son préféré. M""' Gouvès en extase.

— Cent mille francs par an qu'il gagnera! confiait aux voisins la triomp?iante iMoumette, rendue aux clairs commérages de sa race, loin des cruels et sombres potins de Paris.

D'ailleurs les huit mille francs de rente du père Ensade, en dépit de sa parfaite santé, assuraient Tavenir. « Il ne mourra que d'indigestion », disait en riant Gouvès, qui aimait, par habitude, ce vieux homme « corné et dur comme un pied de bœuf ».

La situation parisienne de Sébastien était, comme celle de Jérôme, consolidée par la rente du Humbug. Un traité, signé pour cinq ans, garantissait au savant douze milley pour la haute surveillance de la partie scientifique; au jeune, dix mille, pour ses articles

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