CHAPITRE I
classement certain, il est préférable de s'en tenir à celui qui est connu et pour ainsi dire vulgarisé depuis un siècle.
Parmi les pièces dont on connaît des épreuves et qui paraissent antérieures au Profil de Metz, on peut citer la Samaritaine, deux essais de gravures au burin, et Saint Jean dans le désert (Jombert, n^ 2, 3, 4). La première de ces pièces représentant Jésus et la Samaritaine, quoique certainement gravée par Le Clerc, lui parut plus tard si peu digne de son talent qu'il se servit du cuivre, sur lequel il avait exécuté cette petite pièce, comme garde d'entrée de la serrure d'un petit coffre où elle est restée jusqu'à sa mort, époque à laquelle on l'a détachée pour en tirer quelques épreuves. Aussi, ces épreuves laissent-elles voir le trou pratiqué dans la planche pour l'entrée de la clef, et quatre autres trous, aux angles, provenant des clous employés pour retenir cette plaque sur le coffre.
C'est à ces premiers essais qu'il faut rapporter une tradition reproduite par M.'Teissier* qui s'exprime ainsi : « Sébastien ayant, pour la première
> fois, à l'âge de sept ans, manié le burin et gravé
> en cachette une petite planche, courut chez Claude » Bouchard, libraire et imprimeur en taille-douce, » pour faire tirer son œuvre. Bouchard, qui l'affecj» tionnait beaucoup, lui fit observer qu'il avait eu le » tort de graver (probablement une inscription) de
* Eêsais iur Ua eommencemenU de la Typographie à MetZj l8S8y in-S», p. ICI. Ce passage a été reproduit, sans indication de provenance, par M. Bégin, Biog. de la MoseUef article Le Clerc.
» gauche à droite, et l'enfant fut très-surpris quand » il vit, sur la première épreuve, l'objet représenté » à rebours. » Cette tradition n'a rien d'impossible. On croit aussi, sans en être certain, que dans son enfance, Sébastien Le Clerc était aide de cuisine à l'abbaye de Saint-Âmoul. Le fait est attesté par les Bénédictins, auteurs de l'Histoire de Metz * .
L'enfant commençait déjà ses études d'artiste. Ses premières productions tombèrent sous les yeux du prieur dom Pierre des Crochets, qui donna de l'éducation au jeune Sébastien*.
Il est du reste certain que Le Clerc dessinait dès l'âge de huit ans. Le fait est attesté par son père qui l'a mentionné au bas d'un dessin à la plume, exécuté par son fils, et longtemps conservé dans sa famille. Ce dessin représente un enfant nu dormant sur le dos, vu en raccourci, les deux mains sur la poitrine. L'abbé de Vallemont en témoigne, et Jombert a possédé ce dessin dont une copie, si ce n'est l'original, est entrée dans la collection de M^ de Bandeville. Cette célèbre collection se conserve aujourd'hui au cabinet des estampes de Vienne. (Jom-
' Selon cette tradition, peut-être incertaine, Séb. Le Clerc aurait été 'cuisinier à Metz, peu d'années après que l'illustre Claude Gellée avait quitté la boutique du pâtissier de Toul, chez lequel ses parents Pavaient placé, ainsi que l'atteste Sandrart.
Claude Gellée devint un éminent payssgiste,' mais il se ressentit toute sa vie de l'absence d'éducation première. Sébastien Le Clerc, au contraire, devint un savant distingué et il écrivit plusieurs traités sur les sciences eiactes.
' € Quelques auteurs le font élever A Saint-Amoul, par d. Pierre des Crochets, prieur de cette abbaye ». (D. Pierron, Templum, Metensibus sacrum, p. 136, €ui notam.J