CHAPITRE IV
sique se voient sur le livre ouvert, au pied de ce génie, et récriture a été ajoutée sur celui qui est ouvert, à droite, prés du globe ^ le fond de la bous* sole, blanc dans le premier état, est terminé dans le second ; le globe est couvert d'étoiles, tandis qu'on n'en voit que trois dans l'état précédent.
m. — Avant quelques travaux ajoutés sur la draperie qui recouvre la cuisse du génie vu de face; avant des ombres ajoutées au champ des armes et dans les plis de la grande draperie.
rv. — Avec les travaux dont l'absence caractérise le troisième état.
Les trois premiers états sont des épreuves d'essai, portant des indications de la main de Le Clerc pour les changements qui ont été effectués. Ces épreuves se conservent dans notre collection.
Élévation géométrale et vues perspectives du palais du roi à Stockohn (J., 243).
Suite de quatre pièces rares pour la description desquelles il est nécessaire de se reporter à Verrata placé en tête du tome second du Catalogue de Jombert.
Vues de plusieurs pelis (sic) endrois (sic) des fau" bourgs de Paris (J., 244).
Nous possédons des épreuves de celte jolie suite portant la signature de Claude-Augustin Mariette, avec la date de 1694.
Celte date rectifie celle donnée par Jombert, qui indique l'année 1605 comme étant cette de la publi-
cation. Cette suite est intéressante, en ce qu'elle représente l'état de quelques faubourgs de Paris à la fin du dix-septième siècle. On rencontre ordinairement cette suite chiffrée de 1 à 12, et ces épreuves ne sont pas mauvaises, puisque ces chiffres se remarquent sur la plus grande partie d'une des suites de notre collection, dont toutes les épreuves, moins une, portent la date de 1604, accompagnée de la signature Cl.-Aug. Mariette. La vérité est qu'il existe quelques pièces avant les chiffres, mais qu'il en existe aussi dont le tirage a eu lieu après que ces chiffres ont été effacés.
Pour être certain d'avoir les premières épreuves, avec ou sans chiff^res, il est nécessaire de réunir deux suites : l'une, avant les changements qui ont eu lieu sur presque toutes les pièces et qui sont exactement indiqués par Jombert; l'autre, d'état ordinaire avec ou sans numéros.
On doit se tenir en garde contre les copies lourdes et sans valeur qui, cependant, peuvent tromper quand on n'a pas les originaux sous les yeux.
Puer parvulus, ou le passage d'haie (J., 245).
Jombert rapporte un passage tiré des Mémoires pour servir à Vhistoiré' de M^ de Maintenon, par La Beaumelle, et qui se trouve transcrit en regard de répreuve ayant appartenu à Beringhen, qu'on peut encore voir aujourd'hui au Cabinet des estampes. Il en résulterait que le sujet de cette magnifique composition aurait été indiqué à Le Clerc par Fénelon, ami de M"»* Guyon, et aurait eu pour objet la repré-
CHAPITHE V. ^ ie08-1702. 221
seDtation d'un rêve de la célèbre visionnaire. Elle aurait prédit que TOraison revivrait aous un enfant, c'est-à-dire sous le duc de Bourgogne ^ Ce serait donc lui qui serait représenté au milieu de l'estampe, une houlette à ta main ; l'enfant nu, à gauche, tirant un serpent d'un trou, serait le duc d'Anjou, et le duc de Berri, encore à la mamelle, serait représenté sur les genoux de sa nourrice, sous les traits de Kme Guyon elle-même.
L'histoire semble protester contre cette ingénieuse explication. En effet, l'estampe est publiée en 1695. A cette époque, M'^^^' Guyon était non- seulement disgraciée, mais persécutée.
C'est vers la fin de 1605 qu'elle fut enfermée au château de Vincennes, puis à la Bastille. Dés le 16 octobre 1694, l'archevêque de Paris, Harlay de
' Ce passage de W^ Gayon est défiguré et tronqué. Voici ce qo'on lit dans sa Tie manuscrite communiquée par elle à Bossuet : < J'enftmterai un premier né : Vesprii d'oraigoHj qui doit régner dana tout l'univers après avoir surmonté tous les efforts de la persécution. 9 (Œuvres de Bossuet, Versailles, 1819, in-So, t. XI, p. 6.) Ced éuit écrit avant 1004. M*« Guyon entra au couvent de la Visitation dans les premiers Jours de janvier 4690 (Jobes, t. I, p. S86) ; son arrestation fàt demandée par Bossuet, peu de temps après. Or le Puer parvulua étant de I69B, comment supposer qu'on ait pu songer à mêler l'héritier de la Couronne & toute cette histoire? Il est vrai que M"m de Maintenon l'a cru un moment, avec le public, et qu'elle eut peine à être détrompée par M. de Beauvillera, malgré son affirmation ainsi formulée : « On n'a nulle inquiétude à avoir sur le chapitre des princes ; aucun d'eu» ne taii qu'U y ait au monde une femme qui é'appeUe M^ Guyon ^ ni un livre intitulé : Le moyen court. (Lettres de M»* de Maintenon, t. IV, p. 84»)
CbaDvalIon,avaitcondamné les ouvrages deW^ Guyon, et les évêques, réunis en conférence à Issy, avaient condamné, le 10 mars 1695, trente-quatre propositions tirées des ouvrages de cette dame. On les trouve dans Finstruction pastorale de Bossuet, contre les erreurs des quiétistes.
En présence de ces faits, comment serait-il possible que le gouvernement de Louis XIV, si hostile à tout ce qui n'était pas d'une orthodoxie irréprochable, ait admis la glorification des idées d'une femme dont les écrits étaient condamnés par son ami, par Fénelon lui-même ?
£n supposant que la gravure ait été exécutée avant les poursuites dirigées contre M"*« Guyon, il est évident que si Le Clerc avait eu la pensée de la glorifier, il aurait eu la prudence de cacher son ouvrage qui n'aurait jamais vu te jour. Loin de là, il le publie ; il y fait successivement tous les changements indiqués dans les différents états décrits ci-après. Ce qui prouve que la publication de l'estampe n'a jamais été interdite, c'est qu'elle refiaraît dans un dernier tirage fait vers la fin du siècle, ou au commencement du siècle suivant, par François Silvestre, devenu possesseur de la planche. Ce tirage de Silvestre indique que les épreuves se vendaient chez lui, aiLx galeries du Louvre, avec privilège du rai. Tout cela proteste contre l'invention de La Beaumelle qui, d'ailleurs, était si peu instruit, qu'il prend François Silvestre pour l'auteur et le dessinateur de cette estampe.
Il est bien vrai que le duc de Bourgogne, et peut-