‹ sebastien le clercChapitre 187 sur 193 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le document cité ne fait pas connaître quelles étaient les planches restées en la possession de Séb. Le Clerc quand il mourut. Il est à présumer que la plupart de ces planches n'ont pas été détruites, et que Le Clerc les effaçait lorsqu'il voulait les employer pour graver un nouvel ouvrage. Plusieurs en effet ont été conservées, et il en a été tiré des épreuves après sa mort. Nous citerons en particulier la Passion dédiée à Madame de Maintenon dont les planches furent possédées et publiées par Edme Jeaurat, ainsi que plusieurs autres suites. Ces planches sont restées dans le commerce, et il en a été fait de nom* breux tirages, au dix-huitième siècle, et même au dix-neuvième. L'ensemble de ces planches a été publié en 1784, à Paris, par Lamy, sous le titre é' Œuvres choisies de Le Clerc '.

Il n'y a rien de choisi dans ce recueil qui se compose de 239 estampes (sur plus de 3,000) les seules dont les planches n'avaient pas été détruites. On y voit figurer les paysages dédiés au duc de Bourgogne, ceux des faubourgs et environs de Paris^ les figures de modes et différentes autres suites. Il est à peine nécessaire de faire observer que les épreuves provenant de ces tirages sont indignes de figurer dans une collection choisie.

Nous donnons ci-après, dans un Appendicej quelques détails sur la postérité de Séb. Le Clerc. Un

* On a aossi retrouvé, soit à Metz, soit à Nancy, quelques planchée de Séb. Le Gerc gravées à Metz dans sa première manière, mais elles sont en petit nombre et sans intérêt.

document publié dans les Nouvelles archives de rart français j 1872, p. 329, montre quelle était la considération dont jouissait cette famille un demi-siècle après la mort du grand artiste. C'est une lettre adressée à M. de Marigny par Etienne Jeaurat, peintre distingué, qu'il ne faut pas confondre avec son frère, le graveur Edme Jeaurat, qui avait épousé la dernière fille de Le Clerc.

Voici à quelle occasion cette lettre fut écrite. Séb. Le Clerc, le peintre, fils aîné du graveur de Metz, venait de mourir le 29 juin 1763, âgé de 86 ans et 9 mois. Il avait succédé à son père dans la charge de professeur de dessin aux Gobelins où il occupait son logement. M. de Marigny avait accordé quelques subsides à la veuve du peintre et à son fils. Etienne Jeaurat, qui occupait une place distinguée dans les arts protégés par le frère de M™« de Pompadour, crut devoir lui adresser la lettre suivante :

A Versailles, ce 17 juillet 1763.

c Monsieur. — Permettez-moi, s'il vous plaît, de ]» vous faire mes très-humbles remerciements sur » ce que j'apprends que vous venez d'accorder à M™« » Le Clerc et à son fils. Étant allié à cette famille % 9 c'est une obligation de plus que je vous aurai toute » ma vie. Vous ne savez faire. Monsieur, que des » heureux ; rien ne vous échappe : vous aimez et 9 protégez les arts, et pour comble de bontés encore, » vous récompensez la mémoire des artistes dans » ceux qui leur succèdent ; on ne peut rien ajouter,

I M"« Edme Jeaurat, fille de Séb. Le Clerc, était sa belle-sœur.

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