CHAPITRE I. — 16G
seule collection, celle que M. Hennin a léguée au cabinet des estampes. Du temps de Jombert, elles appartenaient à M. Paignon-Dijonval ' .
Pendant que Le Clerc était occupé à ces dive^ travaux, on venait de Nancy, où il n'y avait plus aucun artiste, lui demander de graver des titres de livres et autres ouvrages. C'est à lui que s'adressa un religieux lorrain, le Père Cyrille de la Passion, pour graver le frontispice de son Traité de la divine sagesse, imprimé à Nancy en 1658. Jombert, qui connaissait l'estampe, ignorait l'existence de ce livre dont un exemplaire se trouve à Metz, dans les riches collections de MM. le baron de Salis et Chartener.
Ce fut aussi à cause de l'absence complète de graveurs à Nancy qu'on fut obligé de faire remettre en lumière par Le Clerc les compositions préparées par Démet, pour célébrer le retour de Charles IV dans ses états, en 1641. On devait donner, à cette occasion, des fêtes dont Deruet avait dessiné les machines dans le goût du temps. Mais Charles IV, brouillé de nouveau avec la cour de France, fut obligé de sortir de ses états avant la célébration
> Une note trop laconique de Mariette {Ahecedario^ t. m, page 107), indique qo*il a vo les HahiUemenU de diverseê nations en 197 destins; il (Le Clerc) faisait ces dessins-là pour donner à dessiner à ceux à qui il apprenait. On ignore ce que sont devenus ces dessins. Ceux des Modes de Metz en font-ils partie ? et Le Clerc aurait-il choisi les meilleurs pour les graver? Cela est assex vraisemblable. En tout cas ces dessins, faits pour des élèves, ont dû être exécutés à Metz, car il n'est pas certain que Le Clerc ait donné des leçons i Paris, si ce n*est, peut-être, avant son installation aux Gabelins.
de ces fêtes ; les dessins de Deruet restèrent en portefeuille. Ils n'en sortirent qu'en 1660 pour être confiés à Sébastien Le Clerc qui exécuta, sur ces dessins, les gravures décorant le très-rare volume, petit in-folio, intitulé : Triomphe de Charles /F, . Nancy, 1664.
Jombert n'a pas fait preuve de son exactitude ordinaire en décrivant les estampes qui décorent cet ouvrage {u? 71). Il attribue à Le Clerc la totalité des pièces qui le composent, tandis qu'elles lui appartiennent seulement pour partie. Ainsi Jombert donne, sans hésiter, à Le Clerc, la planche représentant le Palais Ducal de Nancy. Il suffit de comparer cette pièce à la Carrière, du même volume, pour reconnaître que l'une et l'autre appartiennent au même artiste. Or la Carrière est signée en toutes lettres C. Det^el, et Jombert ne peut le contester ; mais il affirme que les petites figures qui se voient sur cette planche n'en sont pas moins de Le Clerc , alors qu'elles sont incontestablement de Deruet.
L'erreur se perpétue à l'égard du grand portrait de Charles IV. Quoique cette pièce soit signée CI. Deruet fecit^ cette signature, dit Jombert, n'empêche pas de mettre cette estampe dans l'œuvre de Le Clerc, parce que la petite vue de Nancy et les autres lointains sont certainement de lui.
Malgré cette assertion, il n'est plus aujourd'hui douteux pour personne que la vue de Nancr et les lointains du portrait de Charles IV sont en-