‹ sebastien le clercChapitre 20 sur 193 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

tiérement de DerueL Ce qu'il y a d'étrange, c'est que Jombert attribue à Le Clerc une partie de la planche du portrait de Charles lY, où il n'a rien fait, tandis qu'il ne signale pas le b^vail de l'ar* tiste messin dans une autre partie de la même planche, la figure du prince, qu'il a entièrement refaite.

La Tenté est que la planche, dans son état pri^ mitifj ne présente d'autre travail que celui de Deruet, y compris la vue de Nancy et les lointains. Mais il est également vrai que, lors de la publication du Triomphe de Charles IV, la planche de Deruet est venue entre les mains de Le Clerc, qui fut chargé de vieillir la tête du prince représenté plus jeune de vingtHiuatre ans environ, dans le travail primitif. Il fut également chargé de lui ajouter une perruque à la mode de 1660'.

Enfin Jombert attribue encore à Le Clerc une planche de bataille (celle de Nordlingen, 1. 1, p. 72), qui est également de Deruet, car elle est signée par lui, et tout à fait dans sa manière *.

' Yoj., nir ]m différents états des pièces faoœement attribuées à Le Clerc, nos Recherchée êur Deruet. Paris, Dumoulin, I8tti,

* Ce n^est pas seulement Jombert qui s*est trompé, à Tégard de Démet, dont le nom a été souvent estropié par les écrivains de l'histoire de l'art. Plusieurs Tout confondu avec Tun des graveurs qui ont iUustré le nom de Drevet. Deruet n*a pas d'article dans les Biographies générales. La seule qui parle de lui est celle de Miehand (Art. Lorrain, Claude). On lit dans la première édition de cet ouvrage qu'en I6i9, Claude Lorrain revint dans sa patrie oà CkarUe Dervent, peintre du duc de Lorraine, se servit de lui pendant an an pour peindre l'architecture de Téglise des Carmes

Mais Le Clerc ne voulut laisser à personne le soin de graver, en 1665 (Jombert, n^ 73), le plan du siège de Metz, fait par Charles-Quint, en 1552, que l'éditeur CoUignon lui avait demandé pour décorer la réimpression de l'ouvrage de Bertrand de Salignac devenu excessivement rare. Le Clerc se servit sans doute du plan qui accompagne l'édition originale ; mais il ne le reproduisit pas servilement et y fit d^heureuses améliorations.

En suivant ainsi pas à pas, et d'après Tordre chronologique, les travaux et les progrès de Tartiste

à Nancy. La vérité est qu'il 8*agit de Glaade Dernet, et qoe Charles Jhrvênt eat un nom imaginaire. L'erreur oontinoe dansla seconde édition de la BUgraphie, et elle a été reproduite par M. Villot {Catalogué des Musées du Louvre, p. 135), où, après avoir dit, comme la Biographie, que Gaude Gellée est né au château de Chamagne (il n'y a jamais eu de château à Ghamagne), igonte qu*un de ses parents lui fit connaître â Nancy Charles Dervent, peintre du duc Henry de Lorraine..,, etc. Ge qui est plus singulier, c'est que M. Villot signale Tartiste imaginaire Charles Dervent comme un peintre dont le Musée du Louvre ne possède pas de tableaux. On peut être certain qu'il n'en possédera jamais.

L'erreur une fois produite se perpétue, et nous lisons dans le Catalogue des Musées de La Haye, imprimé en 1874, une notice sur Claude Gellée, où l'on retrouve l'inévitable et fantastique château de Ghamagne et le non moins fantastique C/iarles Dervent, dont le nom est imprimé en petites capitales pour bien appeler l'attention du lecteur.

Ceci montre combien nos artistes lorrains sont peu connus, même en France. Cependant ils mériteraient de l'être davantage. Tout au moins doit-on désirer que quand on parle d'eux ce soit avec exactitude. Ces erreurs sont d'autant plus étranges que la vérité sur Deruet et sur ses ouvrages a été dite, il y a plus de vingt-cinq ans, par M. de Ghennevières, par If. Beaupré, par If. Lepage e^ par nous-méme ; mais il paraît que nous n'avons pas eu le bonheur d'être lus par les faiseurs de biographies et de catalogues.

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