CHAPITRE IL
en fit recommencer une seconde planche. » (Abecedario, t. III, p. 112.)
Citons encore les estampes sur La guerre de 1672 (Jomberty 104) , suite de quatre pièces dont une est trè^rare.
C'est par une erreur évidente que Jombert attribue à Le Clerc, sans hésitation (n^ 106), la gravure des vignettes décorant le livre de Blondel, intitulé : Résolution des quatre principaux problèmes d'architecturey imp. roy., Mabre-Cramoisy^ 1673. Ces vignettes ne sont de Le Clerc, ni pour le dessin, ni pour la gravure ; elles sont de La Boissière, ainsi que le reconnsdt avec raison le savant Mariette. (AbecedariOj t. III, p. 106./
Parmi les plus belles planches de Séb. Le Clerc, appartenant à l'époque que nous étudions, se trouve celle qui représente le mausolée érigé dans Véglise de V Oratoire de la rus Saint-Honoré^ à la mémoire du chancelier Séguier.
Cette cérémonie eut lieu le 5 mai 1672. Jombert a décrit la pièce qui la représente (n9 105). Toutefois, ce n'est pas sa description que nous reproduirons. Nous la demanderons à une plume bien autrement élégante que celle de Jombert. La personne qui tenait cette plume n'a peut-être jamais vu l'estampe de Le Clerc ; mais elle assistait à la cérémonie, et le compte qu'elle en rend concorde tellement avec l'œuvre du graveur qu'elle semble vouloir la décrire, ce qui est impossible, puisque la planche
n'existait pas encore lorsque la lettre a été écrite.
Cette coïncidence atteste, tout à la foiS| la fidélité
de la narration et celle de Tartiste.
Voici ce que M°^ de Sévigné écrivait à sa fille, le
6 mai 1672, le lendemain même de la cérémonie : « Je fus hier à un service de Monsieur le Chancelier,
à l'Oratoire. C'était la plus belle décoration qu'on pût imaginer. Le Brun avait fait le dessin. Le mausolée touchait à la voûte, orné de mille lumières et de plusieurs figures convenables à celui qu'on voulait louer. Quatre squelettes, en bas, étaient chargés des marques de sa dignité, comme lui ôtant les honneurs avec la vie. L'un portait son mortier, l'autre sa couronne de duc, l'autre son ordre, l'autre ses masses de chancelier. Les quatre arts étaient éplorés et désolés d'avoir perdu leur protecteur : la Peinture , la Musique , l'Éloquence et la Sculpture. Quatre vertus soutenaient la première représentation : la Force, la Justice, la Tempérance et la Religion. Quatre anges, ou quatre génies, recevaient au-dessus cette belle âme. Le mausolée était encore orné de plusieurs anges qui soutenaient une chapelle ardente qui tenait à la voûte
toute l'église était parée de tableaux , de devises , d'emblèmes qui avaient rapport à la vie ou aux armes du Chancelier. Plusieurs actions principales y étaient peintes ^ j»
■ Une description de la cérémonie de TOratoire, plas étendue encore que la précédente, se trouve dans les Entretiens de Félibien, t. IV, p. 481 et suivantes (édition d'Amsterdam, 1706). Elle n'occupe pas moins de vingt pages. Félibien décrit minutieusement-