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véritable. Puis sont venus « les critiques, les commentateurs, les journalistes, les disscrtateurs, toute cette tourbe scolasUquc qui ne parle que parla bouche des morts et leur fait dire les plus impertinentes sottises' ». Tous, de concert, ils ont rivé la lourde chaîne des rèi;les. Comment la tragédie et la comédie, étroitement resserrées l'une et l'autre dans une servitude distincte, ont été dès lors perdues pour l'instruction des âmes, c'est ce que Mercier montrera en analysant dans leurs caractères constitutifs ces deux genres tels qu'ils se comportent en France.
Dénoncer de pareils préjugés c'est en faire justice. Puisque les lois de notre théâtre l'entraînent à l'encontre de ses fins naturelles, il faut l'affranchir. Ni tragédie, ni comédie : pour mettre dans ses pièces « l'âme, la vie, la simplicité, la morale et le langage qui serviront à les faire goûter comme à les faire euteudre », le poète s'inspirera de sa propre expérience et substituera la représentation de la vie réelle à « cet appareil imposant et menteur qui a décoré jusqu'ici l'extérieur de nos pièces », il produira sur la scène des personnages et des événements aussi variés qu'il y en a dans le monde et il composera de cette humanité exacte et vivante un tableau qui n'est autre que le drame. Ce que Mercier entend par ce mot, quel ensemble de précieuses qualités il y inclut, comment le drame satisfait par définition à tout ce que notre réformateur exige du théâtre, c'est ce qu'il se propose de bien mettre en lumière et c'est précisément où aboutira sa critique destructive du système en vigueur.
Là-dessus, il entre en matière et prend la tragédie à partie.
Chez les Grecs, la tragédie était la représentation d'événements nationaux qui intéressaient passionnément leurs petites républiques, où chaque citoyen, môme le plus humble, prenait sa part des affaires de l'Etat. Le poète entretenait donc les spectateurs de ce qui les touchait. Il ne leur