‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 117 sur 521 · T. de P., IX · texte numérisé non relu

T. de P., IX

bizarre, verbeux, redondant où se combinent,, contre tout bon sens, de méchants emprunts à l'antique et de détestables concessions au goût du siècle I C'est Racine, « ce tailleur à la française de tous les rois anciens' », qui en a décidé ainsi et donné le branle à la déplorable séquelle des imitateurs. Depuis ce temps, tirades exactement alternées, formules de cérémonie, invocations aux Dieux protecteurs des amants, désespoirs éloquents et sacrifices magnanimes se sont reproduits sur le théâtre français toujours dans la même langue pompeuse et dans le même appareil de glaciale fantasmagorie*. Quoi! nous souffririons plus longtemps cette absurdité, pour complaire à des critiques ignorants qui ne savent que citer des autorités au lieu de raisons et prétendent nous engourdir dans l'imitation superstitieuse de modèles inamovibles! Non, Mercier ne le pense pas. Reprenant dans son Nouvel Examen de 1777 les idées qui avaient déjà fait quelque bruit et quelque scandale en 1773, il se félicite de voir le goût du parterre tiré de son apathie, il acclame le drapeau de la guerre littéraire qu'on a enfin arboré % et il appelle à la rescousse tous les jeunes gens dont le cerveau

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