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■3. Nouvel Examen, 147, T. de /'., iv, 175. 4. Du Thrafrr, IC,.
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même de son objet, le drame exclut cette démarcation arbitraire qui a fait tant de mal à la comédie et à la tragédie, en forçant l'une ii faire rire, l'autre à faire pleurer, uniquement, à tout prix et hors nature. Partant, il échappe aux défauts qui en étaient résultés pour l'une et pour l'autre : il ne se restreint ni aux temps passés et aux personnages historiques ou fabuleux, ni, d'autre part, aux caractères abstraits et aux types de convention ; quant à l'espèce de ses sujets, il ne se Hmite ni aux catastrophes, ni aux sottises; en revanche, le pathétique et le comique étant également de son ressort, il réunit les ressources et les mérites que la tragédie et la comédie s'étaient jalousement partagés ; et comme il représente toutes les classes d'hommes, tous les états de l'âme humaine, il est plus à portée de la foule des citoyens, plus vrai, plus intéressant et plus utile. Le drame, qui a le don de mettre hors d'eux-mêmes tous les esprits asservis au passé, n'est pas la nouveauté audacieuse, l'insolente hérésie qu'ils croient y voir. Ce sont des drames que les pièces de Térence, des drames aussi, tout le théâtre de Shakespeare, de Calderon, de Lope de Vega. Il est fort regrettable que chez nous, au xvir siècle, la distinction des genres ait prévalu, mais même alors, ne l'oublions pas, il y a eu des tentatives, et assez honorables en vérité, pour les concilier et les confondre : plusieurs scènes du Menteur et du Festin de Pierre notamment rentrent dans la manière du drame, et c'est presque un manifeste en faveur de ce genre que Corneille nous a donné dans la préface de Don Sanche d'Aragon.
L'entreprise ayant malheureusement avorté, on la reprend aujourd'hui : pour qui juge librement et de bonne foi, ce n'est pas une exigence si scandaleuse que de demander au théâtre de laisser là des règles factices et de peindre tout simplement nos semblables, de toute condition, dans la réalité de leurs mœurs et de leurs sentiments K « Enchaîner les faits conformément à la vérité, suivre dans le choix des événements le cours ordinaire des choses, modeler la marche de la pièce de sorte que l'extrait paraisse un récit où règne la plus exacte vraisemblance, faire naître enfin par ces
1. « Il est réservé sans doute au siècle de la philosophie de donner au peuple un genre dont il puisse entendre et reconnaître les personnages. » Préface de Jenneval.
moyens le sourire de l'àme », c'est ce que se propose le drame et que n'a point tenté la comédie*.
11 sera donc exact, et il le sera pour être utile : l'utilité déterminera et la mesure de l'exactitude et le choix des sujets. Ainsi on nous montrera dans le cœur humain les passions à l'état de mélange, telles qu'elles se comportent en réalité ; on nous fera voir comment et par quels mobiles « le vieillard agit en jeune homme, le jeune homme en vieillard" », comment chez le même personnage la dureté peut s'oublier, laisser quelque place à la compassion, comment le lâche a des instants de force, l'homme intègre des moments de défaillance, l'ambitieux des scrupules de justice; car tel est le train de notre nature. 11 ne nous sera pas d'un moindre intérêt d'apprendre comment pensent les hommes dans telle ou telle condition, et principalement les travailleurs, qu'on a trop négligés en faveur des oisifs'. Pour la même raison, il y aura profit à connaître et à comparer les façons de sentir diverses des habitants de nos provinces et des étrangers*; bien entendu il n'est plus question de contrefaire niaisement l'accent gascon ou l'accent anglais, mais de mettre au jour, avec leur caractère propre, des Lyonnais, des Nantais, ou bien des Anglais et des Espagnols. Voilà des êtres réels qui ont quelque chose à nous apprendre, nous