‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 139 sur 521 · Du TliL'dli-e · texte numérisé non relu

Du TliL'dli-e

2. Voilà encore uue déclaration de principes vigoureusemeut opposée aux doctrines de J.-J. Rousseau.

plus grand bonlieur possible... ; qu'il n'admette enfin commfi axiome do législation que les principes qui, par eux et leurs consé(jucnces, établissent et maintiennent le plus grand bonheur de l'homme..., qu'il sache que l'erreur n'est jamais utile,... qu'il sache que la vérité dite une bonne fois laisse une impression profonde,... que toute vérité est donc bonne à dire aux hommes... Enfin qu'il aime la gloire et qu'il no mente point sur cet article !... C'est le cri de l'estime publique '. »

La route est fournie, le cercle fermé, la démonstration faite.

Mercier conçoit l'art dramatique comme un système de pédagogie morale à l'usage des adultes. Par là s'expliquent et les audaces heureuses et les écarts de sa pensée, et ses enthousiasmes et ses inimitiés, et la partie critique et la partie systématique de son œuvre. Il n'est homme ni à croire mollement ce qu'il croit, ni à se laisser intimider par le respect humain, par les opinions reçues. Or, celles-ci lui barl'ent le passage. On s'arme contre lui de noms et d'écrits illustres. A Corneille et à Racine, en personne,, force lui sera de s'en prendre. Qu'on lui laisse le loisir du sang-froid, il montrera qu'il en fait cas. Pour Corneille, il n'a jamais caché son faible. En toute abondance de cœur^, il loue chez lui, « cette variété qui tient du prodige )),la profondeur des idées, la grandeur des caractères, l'élévation, la majesté. t( Cet homme-là me fait rêver profondément avec ses idées fortes. Je pose là le livre, je le reprends, je traduis sa pensés et elle m'exerce puissamment*. » L'admiration que lui inspire Molière, il n'a non plus négligé aucune occasion de l'exprimer avec éclat. Racine lui-même, il le proclame « le premier des écrivains en vers'». « J'avouerai que jamais écrivain n'a poussé plus loin la douce harmonie du vers,

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