Autre titre : Les deux Painsiennes et le Campagnard
3. Je n'y ai pas compris la Maison de Molière de 1788, qui ne faitqu'abréger en vue de la scène le texte du Molière de 1776, ni le Cidevant Noble de 1792, qui est une variante du Gentillàtre avec quelques agréments dans le goût révolutionnaire.
viendrait peut-être de joindre Fénelon dans son diocèse dont un exemplaire anonyme, daté de 1794, est inscrit dans le catalogue Soleinne (jui attribue ce drame à notre auteur. Tout permet, en effet, d'y reconnaître sa manière. Quelque doute subsiste néanmoins. Je n'aperçois trace de cet écrit nulle part dans les nombreux papiers conservés par M. Duca, pas même dans une liste des pièces de Mercier, dressée sous ses yeux, annotée de sa main et certainement postérieure à 1794. Ajoutons enfin qu'il publia en 1802 la Jeanne d'Arc de Schiller, traduite par Cramer'.
H a laissé, en outre, à l'état de manuscrits, une douzaine d'autres ouvrages de théâtre, Scipion à Carthage^ opéra en trois actes, Iniogène, imitée du Cymbeline de Shakespeare, Jane Grey, d'après l'anglais de Rowe; plusieurs drames bourgeois : Lucerval, Léontine ou la Nouvelle Médée, la Tendre Fille, Paméla mariée, empruntée à Goldoni, Romainval ou le Poète vertueux, qui n'est que le faux nom du Werther àe Gœlhe ; puis des comédies légères, V Alchimiste espagnol^ Papirius ou les Dames romaines, Une journée de Rosny.
La liste invoquée plus haut comprend encore trois pièces en cinq actes que je n'ai pas retrouvées, une Marie Stuart, un Othello et une Jeanne d'Arc dont il avait conçu le dessein longtemps avant Schiller puisqu'en 1789, comme on le verra plus loin, il proposait à la Comédie Française la lecture de cet ouvrage. Je dirai seulement pour mémoire qu'un exemplaire des Tombeaux de Vérone, publié en 1785, annonce quelques drames tout à fait inconnus, la Main de Fer, imitée de l'allemand, et d'autres dont le titre est remplacé par des initiales ou des lignes de points. Selon toute apparence, il s'agit là de projets qui n'ont pas été exécutés. Curieux de posséder tout ce que Mercier avait composé pour le théâtre, l'auteur dramatique Joseph Pain lui écrivit le 15 avril 1806 pour s'informer des écrits dont il s'agit. Or, on voit, sur sa
1. Une édition du théâtre de Mercier parut à Amsterdam et à Leyde de 1778 à 1784. Elle réunissait eu quatre volumes quatorze pièces : Jenneval, Le Déserteur, Olinde et Sophronie, Nalalie, Le Juge, Le Faux Ami, Childéric, J'^aii Hennuijer, L'Indigent, La Brouette du Vinaigrier, Molière, La Destruction de la Ligue, Zoé, Les Tombeaux de Vérone. Mercier désavoua ce recueil composé contre son assentiment et céda à l'éditeur Poinçot la publication de son théâtre complet en pièces séparées et marquées chacune d'un numéro d'oi'dre (voir Journ. Encycl., 1786, I, 169). La convention ne parait d'ailleurs pas avoir eu d'etïet.
lettre', que Mercier en a biffé l'énumération do la même plume dont il ajoutait certains titres omis à ceux que son correspondant avait relevés. Lui-même déclare ailleurs ' avoir fait dans toute sa vie quarante-âeux pièces. Nous sommes d'accord à trois près, qui, ce jour-là, n'étaient sans doute pas encore écrites, car j'en trouve au total quarante-cinq, sans compter Fénelon.
Ce calcul établi par un simple scrupule d'exactitude, je dois reconnaître qu'il y a peu à tirer de l'inédit. Il s'agit ici de confronter les drames de Mercier avec sa réforme dramatique, d'examiner dans quelle mesure ils la traduisent, la justifient ou la trahissent. Pour cet objet les pièces conservées en portefeuille nous seront d'un faible usage, elles n'ajoutent rien à l'idée que les ouvrages publiés donnent de ce théâtre et ne feraient, en bien des rencontres, que multiplier sans profit les mêmes critiques auxquelles ceux-ci ne fournissent que trop de matière. Je me trouverai donc rarement dans le cas d'y recourir.
Avant tout, dans l'intérêt de notre enquête, un départ s'impose entre les œuvres diverses, qu'elles soient, d'ailleurs, imprimées ou manuscrites. Plusieurs, en effet, n'y sauraient rentrer, étant étrangères au système de l'auteur et impropres à en témoigner. Celui-ci s'est parfois diverti à écrire contre ses principes. Il a fait rouler sur des ruses de valets l'intrigue de la Demande imprévue'^. 11 a copié sur les plus vieux modèles son Alchimiste espagnol, où l'on voit un maniaque, chercheur de la pierre philosophale, une tîlle charmante, serrée de fort près par ce père fantasque et un amant d'esprit fertile qui parvient à ses fins en flattant le caprice du bonhomme. Bien qu'il méprisât fort ces caractères sans mélange, poussés àoutrance, qui ne naissent que sur les planches et que la nature ignore, Mercier pourtant n'a pas dédaigné non plus de refaire sur le type le plus suranné le portrait du volage. L'homme de ma connaissance, comme il l'appelle, est de complexion si inflammable qu'en moins d'une heure il offre son cœur à quatre beautés différentes, dont une quinquagénaire, et, sur la foi d'un portrait, il allait tenter le siège d'une cinquième, si on ne lui eût