‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 169 sur 521 · A. V, se. V · texte numérisé non relu

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qui viendront après moi, ainsi que l'on m'oppose perpétuellement mes devanciers. On ne me louera enfin que parce que je ne serai plus... Ils pullulent, ces plats écrivains, corrompus par l'habitude et incapables de peser le vrai et le bon autrement que dans la balance du stupide préjugé *. » Molière ne cesse pas un instant de remplir ses fonctions de grand homme et d'oracle. Il parle en conséquence toujours du haut de son piédestal, ce qui donne, on l'imagine assez, à de prétendues scènes de la vie familière un comique de contraste auquel n'avait pas songé Mercier. V Année littéraire n'avait pas tort de protester contre ces « déclamations » et ces « monologues glaçants ». A bon droit aussi, elle trouvait étonnant que l'auteur, après avoir produit un si grand nombre de drames, entendit si peu l'art du dialogue*. A ce degré, le paradoxe se condamne par son énormité même. Pourvu qu'on y moralise, le théâtre en est venu à se dépouiller, à s'épurer de tout ce qui est proprement théâtral, et la préoccupation exclusive de l'utilité morale n'a tourné à rien moins qu'à la ruine de la réforme. Peu importe que Mercier ait cru substituer aux anciens types de comédie des personnages tirés de la vie réelle : d'eux surtout il est vrai de dire qu'ils sont tous les « sarbacanes » de l'auteur, et, pour la substance, ce théâtre en est plus vide cent fois que celui qu'il entreprend de remplacer.

Mais ce n'est pas d'indigence seulement qu'il périt, par ailleurs, c'est de bouffissure et de pléthore. Dans la plupart des drames que je viens de parcourir, la prétention d'instruire et d'édifier a fini par exclure tout élément dramatique : un bel exemple à suivre, un mauvais à fuir, c'en est

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