A. II, se. VU
guerriers, gagnés à l'usurpateur, se réunissent pour élire leur roi, le prétendu Briomer, mandé secrètement, se dévoile soudain devant l'assemblée, proclame son nom et ses droits. Un invincible mouvement déloyauté chevaleresque ramène à son parti les Français transportés. Vainqueur dans un combat où son rival trouve la mort, il s'unit à Basine et, désormais, il régnera non seulement en brave mais aussi en sage.
C'est ici comme une galante parade, comme un tournoi de sentiments magnanimes ; les erreurs mêmes de l'humaine faiblesse ne procèdent que de principes nobles; sous le couvert d'ancêtres qui nous font honneur, on glorifie à nos yeux les idées les plus flatteuses, les plus encourageantes pour des cœurs éclairés et sensibles : juste indignation d'un peuple libre qui détrône l'oppresseur, amendement philosophique d'un roi qui, en devenant un homme, se rend digne de la couronne, oubli des torts passés, constance des anciens engagements, résistance à l'ambition de l'étranger^ émulation de générosité entre le roi et le peuple rendus l'un à l'autre, triomphe du droit reconquis par le mérite. Par dessus tout, les allusions de circonstance jaillissent de chaque phrase. Cet Henri IV mérovingien, libéral et clément, est tout à la ressemblance d'un autre prince infiniment plus moderne, celui-là même à qui chacun pense, que chacun croit entendre s'écrier par la bouche du héros : « Oui, Français, je suis votre roi et, par mon amour, né pour toujours l'être... Les serments de mon cœur vont passer sur mes lèvres. Je jure de respecter la liberté de la patrie, de la défendre, d'être le chef des guerriers et l'œil vigilant des lois, de me soumettre le premier à leur autorité inviolable, car quand on a le malheur de tout pouvoir, on n'a plus de honte de tout oser'. » Et la princesse enfin que Childéric désigne ainsi à l'amour de ses sujets : « Ah ! sans doute, elle est faite pour régner sur ce peuple et pour exciter l'idolâtrie. Le sourire d'un peuple sensible qui l'environne avec confiance, voilà son triomphe, ses plaisirs et sa gloire, elle me gagnera tous les cœurs, et les plus rebelles... Je lui laisserai la gloire de la bienfaisance et je retiendrai pour moi celle de l'équité^ », chacun, dans cette année de fer-