‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 197 sur 521 · Meister. Corr. lilt., xiv, 26G · texte numérisé non relu

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moyens pour la partie lésée. Cette guerre, que j'appellerais sacrée^ est vraiment entreprise pour le salut de TÉtat. » Elle ne se justifie pas moins par ses résultats que par son principe. « Presque toutes les guerres civiles, en élevant les âmes ou fortifiant les courages, en répandant la vertu belliqueuse dans tous les esprits, en les échaufi'ant pour la patrie, ont amené la liberté républicaine; les lois étoulTées renaissent parmi le bruit des armes. » L'histoire là-dessus fournit des exemples illustres. « L'Angleterre, la Hollande, la Suisse, etc., ont racheté de leur sang les droits de l'humanité. » La France, au contraire, a fait en vain des prodiges de valeur. « Armée, forte, vigoureuse, couverte d'acier, elle se jeta dans le dédale épineux des disputes théologiques ; en s'enfonçant dans ces routes tortueuses, elle oublia le fer qu'elle tenait et l'époque la plus heureuse et la plus rare pour dresser un contrat social. » Uniquement jalouse d'avoir des princes catholiques, elle ne se soucia point de se préserver du despotisme. « C'est donc pour faire voir aux hommes combien des idées religieuses mal entendues entraînent d'erreurs politiques et nuisent à la félicité nationale qu'on a entrepris ce drame, tableau fidèle des actions et des préjugés de nos ancêtres braves et trompés*. »

Cette audacieuse théorie de la guerre civile fit naturellement scandale. « Toutes nos coteries philosophiques la prônent avec enthousiasme, écrit un chroniqueur, et les dévots la décrient". » Un autre compare Mercier à Catilina et lui adresse le reproche que toutes les autorités adressent à toutes les oppositions : « Quand on n'a aucune raison de se plaindre du gouvernement sous lequel on vit, quand on n'a nul droit, nul espoir de le changer, pourquoi le dénigrer indirectement en regrettant celui qui n'existe point?... Pourquoi remplir les têtes de maximes incendiaires capables d'exciter la fermentation, les mécontentements et peut-être pis"? » Comme Jean Hennuyer, \d. Destruction de la Ligue fut sévèrement défendue.

La double ambition que l'auteur s'était proposée d'enseigner au peuple, par l'expérience du passé, la tolérance

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