Joiini. Iielv., 15 mars 1784, m
çois de Paule, un homme d'Église comme Mercier les aimait, brouillé avec la théologie, ne croyant point aux reliques, niant hardiment le sacrement de la pénitence. « Quel homme ose absoudre? s'écrie-t-il. C'est à Dieu seul de pardonner, et tous les crimes sontvivants devant ses regards... Trois mots prononcés par un prêtre complaisant ne justifieront jamais un cœur coupable Pécheur couronné, qui
avez vécu dans l'erreur et dans l'ignorance, je frémis sur vous! Hâtez-vous de sortir de la fange de ces idées absurdes * » « Si je m'y connais, proteste encore Chaillet,
c'est là le langage de la hauteur philosophique, mais je suis très certain que ce n'est pas celui de la fermeté apostolique ^ »
Ayant trahi la vérité historique comme la vérité domestique, pour les avoir voulu — à trop bonne intention — corriger l'une et l'autre, Mercier en a pris plus à son aise encore avec la vérité littéraire, je veux dire celle des types issus de l'imagination des poètes et doués par eux d'une vie idéale qui s'impose à nos consciences à l'égal de la vie réelle, en sorte que nous ne saurions désormais les concevoir autres qu'ils n'ont été créés par leurs auteurs. A cet égard, il n'est pas pour lui de recommandation qui tienne, pas même celle de Shakespeare. S'il admire tant le poète anglais, c'est surtout pour avoir donné l'exemple d'un art dramatique flexible et libre où l'invention n'est jamais à la gêne ; mais, sur les tendances et la portée finale de cette invention, pas plus à lui qu'à personne il ne donne carte blanche. Shakespeare, dans le fait, n'est pas, à beaucoup près, un moraliste aussi ponctuel que Mercier. Celui-ci ne s'embarrasse donc