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lent de ce qu'on sait, ils crient au blasphémateur dès qu'on se moque d'eux, ils vous accablent de passages et d'autorités étrangères, sans quoi ils ne parleraient pas longtemps. Il faudra rire de leur engouement superstitieux, si toutefois cela est permis quand on songe qu'ils ont été dans tous les âges le fléau des arts et les véritables assassins du génie'. » Et plus loin revenant à la charge : « Lorsqu'on s'est bien jugé soi-même incapable de rien produire, on se met à juger les productions d'autrui; on commence par une lourde épigramme; on veut soutenir cette première sottise, on en fait une seconde; on accumule les bévues. Le public siffle. Le critique devient furieux et vomit les injures les plus grossières. Il ne tarde pas à en venir aux calomnies, qui lui paraissent d'excellentes armes. Comme il est déshonoré, il se condamne à vivre des mêmes ordures*. » Après quoi, pour plus de clarté, il désignait nommément les Fréron, les Clément, les abbés Sabathier, sans parler de plusieurs allusions, pour nous médiocrement pénétrables, mais où les intéressés durent évidemment se reconnaître, et dont l'une ne parait convenir, en vérité, qu'à La Harpe. Quel autre veut-on qu'il soit^ cet « égoïste » « qui se croit envié et n'est envieux », « qui parle des arrêts qu'il hasarde comme des arrêts de la cour d'Apollon, » etc.?
11 ne faut qu'avoir un peu pratiqué les gens de plume du xvme siècle pour sentir qu'il y a dans cette philippique une grande part d'exactitude. Grimm, à sa manière, ne disait pas autre chose quand il écrivait : « Les journaux sont devenus une espèce d'arène où l'on prostitue sans pudeur les lettres et ceux qui les cultivent à l'amusement de la sottise et de la malignité'. »