Ibid
Publié sans nom d'auteur, le livre Du Théâtre, nous l'avons vu, fit grand bruit dès son apparition. La rumeur publique le donna aussitôt à Mercier qui ne s'en défendit point. Cependant l'attention de la Comédie-Française ne paraît pas s'être éveillée tout d'abord. Le 22 décembre 1773, elle laissait Mercier, comme on l'a vu, s'inscrire pour une nouvelle lecture qu'il sollicita vainement pendant tout le cours de Tannée 1774, sans toutefois qu'aucun indice de rupture se fût encore manifesté. Perdant enfin patience, il écrivit aux comédiens, le 4 mars 1775, pour les mettre en demeure de s'exécuter :
« Messieurs et dames,
« J'ai demandé une lecture à votre assemblée le 22 ou 23 décembre 1773. Depuis ce temps, à ce que j'imagine, mon tour doit être arrivé, ou il ne viendra jamais. Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien me donner une audience et de m'indiquer le jour.
« Je saisis cette occasion pour m'inscrire sur vos registres et je prends date de ce jour pour une comédie en 5 actes* que je vous lirai, s'il vous plaît, indépendamment de la première. Je suis prêt depuis longtemps.
« Il me sera indifférent de lire l'une ou l'autre. Evitezmoi, s'il est possible, les désagréments de ces délais éternels qui ne tournent au profit de personne.
« Si vous avez quelques égards pour ceux qui se consacrent aux travaux du théâtre, vous me devez quelques attentions. Je ne demande point de grâces, mais je ne veux point non plus essuyer de passe-droits.
« Vous voudrez bien m'honorer d'une réponse, afin que je sache à quoi m'en tenir définitivement.
« Une audience est bientôt accordée, et la peine d'entendre lire une pièce bonne ou mauvaise n'est point comparable à la peine de la faire.
« Enfin, mon tour est venu, et je le réclame, et j'ai l'honneur d'être, etc. * »
1. Ce ue peut être que Molière., qu'il publia, en eli'et, l'auuée suivante.