‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 240 sur 521 · Cnrr. secr., i · texte numérisé non relu

Cnrr. secr., i

« avait affecté de répandre avec profusion dans le public », mémoire contenant des expressions « scandaleuses et contraires au respect dû à l'autorité de Sa Majesté », et lui faisait défense d'en imprimer aucun semblable. I/aflairo était évoquée au Conseil par le crédit des gentilshommes de la Chambre ' et les comédiens l'emportaient comme ils s'en étaient vantés.

Mercier allait-il se tenir coi? Ce serait le mal connaître que de le croire découragé. Il enrageait d'avoir raison et, dans son candide acharnement, prétendait qu'on en convînt. Les gentilshommes de la Chambre le privaient de son légitime recours au Parlement. Contre eux il demanda au roi de lui rendre ses juges (août 1775), et présenta requête à cet effet. Rappelant son différend avec la Comédie-Française, différend encore envenimé par l'affront qu'on lui avait fait de lui retirer violemment ses entrées, il avait, exposait-il, saisi le Parlement de sa plainte, ainsi que de son opposition à divers articles des règlements de la Comédie essentiellement préjudiciables pour les gens de lettres.

Les gentilshommes de la Chambre cependant empêchaient l'affaire de suivre son cours. A quel titre? La législation et la police des spectacles étaient-elles donc, comme ils le prétendaient, de leur ressort exclusif? Où était l'acte de la volonté royale qui les leur eût jamais conférées? Remontant avec un singulier luxe d'érudition jusqu'à l'Empire romain, il retraçait les origines et toute l'histoire de leur charge : rien n'y justifiait les attributions qu'ils s'arrogeaient. Un seul texte les chargeait, à l'endroit de la Comédie-Française, d'une mission spéciale et précise : l'arrêt du Conseil du 18 juin 1757, en conformité duquel ils avaient fait le règlement du 23 décembre suivant et épuisé, du même coup, tous leurs pouvoirs. Partant, tout autre acte d'autorité relativement à ce théâtre, et en particulier le règlement de 1766, toute ingérence dans ses affaires étaient, de leur part, chose abusive, dépourvue de titre légal, entachée d'usurpation. Que si pourtant ils alléguaient le devoir de tenir la main à l'accomplissement des prescriptions qu'on les avait chargés de dresser, à cet égard la volonté royale avait elle-même fixé les limites de leur action en leur donnant qualité pour faire un règlement de police in-

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