‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 26 sur 521 · lôici., p · texte numérisé non relu

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lutte avec la misère et que la fortune aurait corrompu, et ainsi de suite. La contemplation du tableau magique est interdite aux mortels, mais qu'ils prennent patience : toutes choses s'expliqueront dans l'Éternité qui assigne les compensations définitives. Les obscurités et les injustices dont nous souffrons sont apparentes et tiennent à notre vue incomplète. Attendons les clartés d'outre-tombe pour considérer l'ensemble de là création dans sa suprême harmonie. Ce jour-là, nous connaîtrons que les événements sont ordonnés pour la plus grande gloire de Dieu et la plus grande félicité de l'homme. Sans doute, ce n'est pas une idée neuve, c'est celle de Leibniz, et on sait, elle-même, ce qu'elle doit au christianisme. C'est celle aussi que Voltaire avait indiquée avec une demi-incrédulité dans Zadig et poursuivie de sa plus sanglante ironie dans Candide. Pour Mercier il n'y a pas là un système à débattre, mais un élan de foi et d'amour. On croit Tentendre entonner un psaume. Il se complaît à peindre les tendres sollicitudes de l'Éternel envers l'âme humaine, son enfant de prédilection. Jamais petite princesse ne se sera vue tant choyée, mais l'innocente est victime de sa présomption, et pour nous retracer l'odyssée terrestre de cette enfant prodigue, Mercier met en œuvre tout un cortège d'allégories réglé comme un ballet. De petits génies follets qui environnent l'Ame et qui s'appellent les Désirs s'unissent à d'autres lutins de même essence nommés les Plaisirs. Ceux-ci accompagnent une séduisante créature, la Félicité terrestre, dont le charme subjugue cette Ame naïve, malgré les murmures de l'ange aux ailes d'or chargé de sa garde. L'Habitude Pentraine, mais la Réflexion la délivre. La Tempérance, la Modération et la Patience la conduisent alors au pied du trône où la Vertu assistée de l'Harmonie révèle aux êtres dignes de l'entendre la sérénité sublime des choses éternelles'.

La Providence, d'ailleurs, est justifiée non seulement dans ses desseins cachés, mais aussi dans ses voies visibles. Tant qu'ils n'ont pas dégénéré de leur état primitif de simplicité, de conformité à la nature, les hommes n'ont, pour être agréables au Créateur, qu'à suivre l'instinct déposé dans leur cœur, « cet instinct qui malgré eux les porte au

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