Voir tout le Souge de VAme, passim
bien *. » Pas de contrainte, ni tic lutte contre soi : les douces voix de l'amoar et de la volupté sont exactement des conseillères de vertu. « Ce que la nature aime est nécessairement bon : le plaisir est le baume de la vie, le plaisir élève dans le cœur un sentiment de reconnaissance pour l'auteur de l'univers'. « Fallait-il qu'infidèle au vœu de son origine, cette aveugle humanité eût tourné à mal le principe de tout bien? Ici reparaît alors, comme un reste d'obsession, l'éloge du sauvage à l'àme pure, habitant d' « une terre féconde qui n'est point vendue au démon de la propriété. »
Si les petits-fils du sauvage ont quitté leur condition heureuse, c'est par leur propre faute, Mercier le sous-entend, ce qui le dispense de l'établir, et voilà une décharge de plus pour la responsabilité divine mise en cause si témérairement. A l'homme dès lors, et à l'homme seul devenu un civilisé, il faut imputer le mal que lui font les contraintes arbitraires qu'il s'est infiigées, lois, coutumes et convenances, et le tourment des passions contractées à faux ou détournées de leur cours naturel'. Le rêveur dépeint ici quelques-uns de ces fléaux imaginés comme à plaisir, par exemple, la cupidité qui pousse tant de malheureux à la recherche des jouissances vulgaires et qui, pour une si triste fin, les soumet à tant de bassesses, de mauvaises actions, d'épreuves et de périls. C'est qu'ils ont mal conçu l'usage des biens de la terre, qu'ils ont mis à prix ce que la nature clémente donne libéralement, et, ce prix, ils se sont à euxmêmes imposé la rude loi de le conquérir au moyen de fatigues sans nom. Acharnés à se dépasser, à se supplanter, ils ont à cette poursuite de la fortune sacrifié leurs nobles instincts, ils ont dégradé leur conscience. Selon l'inégalité des énergies, telles âmes sont devenues des âmes de proie, telles autres des âmes de mensonge et de servilité. Ainsi la terre a connu les despotes et leurs suppôts, la Tyrannie eflrénée et corruptrice dont Mercier oppose l'image à celle de la Royauté paternelle et sage, de pensée vigilante et de cœur tendre, telle que la conçoivent les philosophes*.