B. de
toujours plus que les choses*. » Lui, qui n'est pas dupe de ce mirage, s'al)andonne à un autre genre de séduction quand il s'écrie : « La tin seule du siècle de Louis XV, dans l'espace de trente années, a produit des écrivains éclairés, sensibles^ éloquents, vraiment patriotiques, qui ont droit d'être comparés aux Anciens, vérité qui ne sera sentie que lorsque les haines et l'orgueil des hommes contemporains seront ensevelis avec eux '. »
Relevant les Modernes d'une humilité servile à l'égard des Anciens, il n'en use pas avec moins de liberté envers les premiers. Selon ses principes, l'enthousiasme du xvii*^ siècle n'est pas un moindre préjugé que celui de l'Antiquité. Ce siècle « malgré sa renommée, n'était pas véritablement éclairé. » Que valent les prétendus titres de supériorité qu'on lui reconnaît, la perfection du goût et du style ? « Ce sont là des niaiseries, en comparaison des matières politiques ^ » Le temps de Louis XIV n'a « pas un seul écrivain qu'on puisse méditer, soit en morale, soit en politique... En général les prosateurs de ce siècle sont faibles et dépourvus d'idées. » Ceux du xviii" l'emportent de bien loin, puisqu'ils ont rendu l'art d'écrire à ses fins nécessaires. « La littérature française ne me paraît solide et respectable que par les ouvrages émanés d'elle depuis quarante ans * » ; c'està-dire depuis que la philosophie l'inspire". Et pour montrer là-dessus le peu que pèsent à ses yeux les admirations du