‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 265 sur 521 · B. dé N., m · texte numérisé non relu

B. dé N., m

5. On se doute bien que de pareilles insolences devaient exciter la bile de Fréron fils. Les ayant rencontrées déjà dans la préface des Éloges et discours philosophiques, u je donnais à la morale, écrivit-il, plus d'âge et d'ancienneté que ne lui en attribue M. Mercier. Je mimaginais que les Socrate, les Platon, les Lycurgue et tous les sages fameux de l'anliquité avaient connu la règle des mœurs, et je croyais encore bonnement que le fondateur du christianisme l'avait consignée dans sou évangile. Mais M. Mercier, qui sait tout, nous apprend que la morale est beaucoup plus jeune, qu'elle sort à peine du berceau et que le xvui^ siècle la réclame comme une de ses créations heureuses. » Ann. Lite, 1776, n, 143-165.

vulgaire, le voilà qui revise hardiment tous les rangs. C'est la critique qui s'est mêlée de les assigner, et nous savons le compte qu'il tient d'une sem.blable autorité. Le classement est à refaire. Les écrivains qui se sont contentés d'exceller dans leur art, il ne les juge, à ce seul titre, que médiocrement recommandables. Leur excellence a-t-elle consisté dans une exacte discipline de leur génie, dans un scrupuleux assujettissement aux règles reconnues du genre qu'ils cultivaient, il lui deviennent alors décidément suspects, ayant péché deux fois, contre la mission de l'homme de lettres et contre la liberté de l'inspiration. Nous savons comment il a, en conséquence, traité Racine et Boileau.

Pour les autres écrivains de ce siècle peu philosophe, voyons, aux uns ou aux autres, quelle mesure de faveur relative la philosophie leur peut toutefois réserver. On remarquera ici encore, dans le choix des termes, combien il est jaloux de laisser à la seule morale le droit de prononcer. « J'aperçois la franchise et la probité de Corneille dans son style plein et négligé; je crois apercevoir dans celui de Racine un homme souple et adroit. Fénelon trempe sa plume dans son cœur lorsqu'il écrit. » La Fontaine n'est guère d'humeur prêcheuse, pourtant grâce lui sera faite, en raison de ses allures indépendantes et de sa muse vagabonde. c( Je vois le front ingénu de La Fontaine empreint à chaque vers de ses fables. La précision de La Bruyère m'annonce un caractère ferme et sévère '. » Pour ceux-là la philosophie ne sera donc pas inflexible. Pascal en revanche ne réussira point à la désarmer. Sans doute, c'était un bon écrivain, précis et nerveux, qui avait du génie pour les mathématiques, mais aussi un fou sérieux, un maniaque. Comment lui passerait-on des raisonnements qu'il poussait à l'extrême*? Quant à Bossuet, l'exclusion est encore plus rigoureuse. Il n'a point connu « la vraie éloquence, celle des choses », on ne trouve chez lui « qu'un fracas de mots dans une prose incorrecte et prolixe' ». En 2440, il n'en subsistera

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