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3. D. de .Y., 111, 210. Là-dessus encore Fréroa a vraiment trop beau jeu à tancer le blasphémateur. « Mais, dites-moi, que mettez- vous donc dans vos écrits si vous ne trouvez que des mots dans ceux d'un Bossuet?... Je crains bien qu'il n'en soit de vos spéculations sur l'art oratoire comme de vos systèmes sur l'art dramatique, » Ariide précité.
pas un seul volume dans la Bibliothèque du Roi; tout aura été brûlé, ainsi que les œuvres de Maiebranche, le visionnaire, et du .( triste Nicole », et de « l'impitoyable Arnauld », et du « cruel Bourdaloue ». Les Provinciales aussi auront disparu.
Faut-il se récrier? Si on le prenait au mot, Mercier, suivant un autre passage, ne ferait après tout que revendi(}uer le droit à la singularité. « Je l'ai dit vingt fois : chacun lit pour soi. Bossuet, qui n'a jamais qu'un seul et même point de vue, est pour plusieurs un orateur de premier ordre... J'ai voulu le lire : impossible; il me révolte. C'est le plus faux de tous les historiens, c'est l'adulateur le plus outré, c'est le déraisonneur le plus violent. Mais chacun lit pour soi et, si quelqu'un l'a lu en entier et avec une constante admiration, je n'ai plus rien à lui dire : qu'il le relise ; qu'il lise et relise aussi messire Bourdaloue, pourvuqu'il ne m'impose pas cette mortelle corvée ^ » On n'est pas moins contrariant. l*oursuivons au surplus. Cette frénésie d'indiscipline qui lui brouille le jugement n'est pas quelquefois sans l'éclaircir et l'aiguiser comme à miracle.
Quels auteurs de nos âges aura-t-on pris soin de conserver aux lettrés de 2440? Fénelon tout d'abord, ainsi que La Fontaine; Molière, Racine et Corneille aussi, Mercier y consent, avec une nuance de prédilection pour le dernier. Surtout, presque rien ne manquera du xviii' siècle, ni l'Histoire naturelle, ni l'Esprit des lois, cela va sans dire, mais ni même les Entretiens de Phocion, de Mably, ni les Eloges de Thomas, ni les plaidoyers de Servan, ni les discours de Letourneur. Sauvé encore, le bon abbé de Saint-Pierre, « dont la plume était faible, maisdontlecœurétait sublime. »J,-J. Rousseau régnera dans toute la gloire de ses œuvres complètes, et de toute l'époque je n'aperçois guère que V'oltairequi se montre copieusement expurgé. Car « ce beau génie a payé un tribut un peu fort à la faiblesse humaine. » Les tragédies sont conservées, en raison de leur « morale raisonnée et touchante », mais il a fallu retrancher tous les écrits où il est « bouffon, dur ou mauvais plaisant'. »