Ibid., X
i. A la fia de sa vie, nous verrous l'aversion l'emporter décidément.
aussi onvers des défauts reconnus assez d'équité distributive pour ne s'en pas laisser indisposer. Par la bonne fortune d'une rare clairvoyance, il démêle alors en ce contemporain si déconcertant, le fort et le faible, le durable et le caduc; et sa ferme franchise le sert assez bien pour que mainte do ses réserves ait mérité de n'être point infirmée par la postérité. « On ne peut, dit-il, lui refuser la première, la plus noble, la plus grande des vertus, Tamour de l'humanité. Il a combattu avec chaleur pour les intérêts de l'homme, il a détesté, il a flétri la persécution, les tyrans de toute espèce. » Mais cette passion, qui tient toute l'àme chez Mercier, ne la tenait point toute en Voltaire. Elle était compatible avec des travers fort mesquins. Mercier, qui en est exempt, les déplore trop pour ne les point relever. Voltaire a obéi à la vanité, flatté les grands, injurié ses adversaires et s'est rabaissé à divertir les libertins. C'est par un effet de ces préoccupations intéressées et profanes qu'il n'a écrit que pour Paris, les yeux toujours fixés sur l'Académie, la Comédie et le café Procope, et qu'il a ignoré ou plutôt voulu ignorer l'étranger. Par là, il s'est renfermé dans les limites d'un goût littéraire sûr, mais restreint, plus sensible à l'élégance et aux qualités fines qu'aux beautés fortes et mâles, et son imagination est demeurée rebelle à tout ce qui contrariait ses habitudes d'esprit. C'est ainsi encore que souvent il a donné au style plus qu'aux idées : brillant, vif, ingénieux, il a mieux connu les superficies que les profondeurs; fort instruit, mais usant mal de ses connaissances, il s'est tenu à quelques vues, toujours les mêmes, sans s'eff'orcer de les étendre. En politique, comme en philosophie, son horizon a été court. En histoire, il ne s'est proposé qu'un objet, la satire perpétuelle du pouvoir ecclésiastique, et sa furieuse envie de le poursuivre, de le démasquer partout, l'a conduit à donnera tous les siècles une empreinte uniforme'.
Bref, « il a fait du génie avec de l'esprit^ », et ce trait si heureux que l'on peut prendre, selon le biais où l'on se