‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 281 sur 521 · Corr. un., xi · texte numérisé non relu

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sions les moins retenues jouent un personnage si propre à échauffer l'esprit du lecteur.

Mais quoi! ce sont ces intentions morales dont Mercier n'a garde de douter. Rien de si conforme que le sujet de ce livre aux leçons que lui-même juge les plus salutaires pour la conscience. Le voici^ tel que la Corres'pondance littéraire l'a, en quelques lignes, fort exactement résumé. « C'est l'histoire d'un jeune homme élevé dans l'innocence des mœurs champêtres qui, séduit par tous les penchants que les plaisirs de la ville peuvent exciter dans une âme faible et sensible, entraîné par l'exemple et les conseils d'un libertin, parcourt successivement tous les degrés du vice et de la corruption et finit par éprouver tous les malheurs qui en sont la suite. Ce qui contraste très ingénieusement avec ce tableau, c'est celui d'une jeune fille, née, élevée dans l'avilissement de la débauche, mais qui, ne s'y étant livrée que parce qu'elle n'avait jamais connu d'autre manière d'être, est bientôt rappelée aux sentiments les plus honnêtes par une circonstance imprévue qui la jette tout à coup dans une société où elle se trouve à portée de prendre une idée de mœurs et de décence qu'elle n'avait pu deviner jusqu'alors ^ »

N'y avait-t-il pas là, en effet, de quoi ravir la sensibilité de Mercier? Le Journal des Dames retentit de ses louanges. « Peu de têtes, aujourd'hui, sont en état de concevoir^, de tracer, de soutenir et d'exécuter un ouvrage de cette force, Il a de l'étendue, des caractères, de l'action, du mouvement, un aspect moral sous une forme quelquefois hideuse, enfin une grande hardiesse de pinceau.... Tout le monde l'a voulu lire et le plus grand nombre y a trouvé des peintures frappantes, des caractères fièrement dessinés, une connaissance profonde des mœurs de la capitale vue dans une certaine classe d'hommes, une énergie effrayante dans plusieurs tableaux de corruption et de crimes, des détails qui supposent dans l'auteur beaucoup d'imagination '. » Â la vérité, lui-même, qui n'avait pas le goût timoré, ne se défendit pas, au début, de quelque malaise. « 11 y a des traits de vérité et de génie, mais il n'épargne pas assez les couleurs, il les accumule et quelquefois elles sont si forte-

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