‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 287 sur 521 · Mém. hist. sur le xviu'' siècle, i · texte numérisé non relu

Mém. hist. sur le xviu'' siècle, i

3. « Personne, dit malicieusement Mercier, n'était mieux instruit de la traite des nègres que l'abbé Raynal, car il y avait placé des fonds très avantageusement; de là sa véhémente sortie contre ce trafic monstrueux. » Papiers de M. Duca.

blées de diplomates, de princes italiens, de barons allemands, où le pétulant vieillard, gasconnant de tousses poumons, faisant le galant malgré sa figure, baisant les beaux bras des dames, se montrait intarissable en anecdotes, en historiettes et en compliments*. Les douceurs de ce sort, les flatteries de la renommée, le grand crédit que lui donnait son âge égarèrent l'imprudent Raynal. La persécution lui ayant refusé ses honneurs, il la provoqua résolument et fît annoncer à grand bruit une édition nouvelle de son ouvrage, considérablement agrandie, parée de toutes les recherches de la gravure et de la typographie, et destinée à renchérir sur toutes les hardiesses auxquelles on était demeuré sourd. Son nom et son portrait en décoraient le titrée Au pis-aller, pensait-il, il encourait quelques mois de Bastille, faits pour servir à miracle les intérêts de son ambition. 11 lui en coûta la prospérité et la sécurité, le sol de la France et les rentes et pensions dont il jouissait. Le téméraire écrit ayant franchi la frontière, au mépris de prohibitions rigoureuses, la saisie fut prononcée, un décret de prise de corps rendu contre l'auteur, qui n'eut que le temps de s'y soustraire, et le Parlement, par un arrêt solennel du 21 mai 1781, réduisit à la triste condition de fugitif le trop confiant philosophe qui avait oublié la modestie dans l'impunité ^

Sous ces auspices assez inquiétants, parurent, peu de jours après, en juin 1781, et sous le titre de Tableau de Paris, deux volumes qui, assure Meister, contenaient « sur la religion, sur le culte, sur les prêtres, sur l'administration, sur les ministres, sur le crédit public, une foule d'assertions, non seulement tout aussi indiscrètes, tout aussi violentes, mais encore plus hasardées, plus essentiellement répréhensibles que toutes celles qui avaient fait proscrire si sévèrement

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