T. de P., VIII
2. Encore plus résolument désavouait-il une contre façon exécutée d'après l'édition de 1781 par le s"" Samuel Fauche père, de Neuchâtel. Ed""» de 1782 : Avertissement des éditeurs.
3. Les nombreux extraits qu'il m'a fournis ont permis, sans doute, d'apprécier tout ce qu'il y a, dans ce recueil, d'intérêt et de variété. « Je ne sais quelle mobilité, dit avec raison Chaillet, je ne sais quelle volubilité de pensée et de style fait un des principaux agréments dg cet ouvrage. » Journ. ketv., 13 mai 1784, p. 369. Annonçant 'ce nouveau livre de Mercier, Métra écrivit : « On y voit toute l'énergie de sa plume abandonnée à elle-même. » Corr. secr., xvi, 268. Meister luimême ne laissa pas d'y relever « beaucoup d'excellentes choses. » Corr. litt., xiv, 6. A consulter Quérard, on serait tenté de penser que, sous un titre presque semblable. Mon Bonnet du Matin, Lausanne 1787, Mercier a rassemblé d'autres fruits épars de sa pensée vagabonde. Mais j'ai tout lieu de croire qu'il s'agit d'une simple spéculation de librairie, d'une édition rhabillée de la même œuvre.
et enfin diverses pièces de théâtre*. Quatre années durant, il vécut en Suisse, quatre années coupées de courses dans le pays et de quelques apparitions à Paris, mais passées principalement à Neuchâtel dans un recueillement laborieux dont il nous a confessé les délices et dans l'extase toujours renouvelée des grands horizons. Sans doute, ce n'est pas à des créations nouvelles qu'il y employa le meilleur de son temps. Ses cartons regorgeaient d'études et de notes, de pages conçues en d'autres époques, recueillies notamment au hasard de ses courses dans ce Paris qu'il décrivait, ou bien issues d'origines diverses, de lectures variées, et rassemblées avec les réflexions récentes, les impressions que sa nouvelle résidence lui donnait. Mais c'est à Neuchâtel que ces enfants de venue différente virent le jour. Il jouissait profondément de se sentir libre, libre d'oppression et libre d'importunité, de pouvoir écrire selon sa conscience et contenter la grande soif de travail qui ne cessa jamais de le dévorer.
Il y a bien du charme dans ces joies discrètes de la réclusion laborieuse qu'il exprimait ainsi : « Ici tout mon temps m'appartient, aucun ne songe à m'en dérober la moindre portion, je jouis de chaque instant de ma durée, mon loisir est parfait, nulle distraction ne m'enlève à l'étude, je me sens seul avec une satisfaction intime, ici je regrette que les jours n'aient pas soixante-douze heures, je ne suis point dans une solitude absolue, je ne suis point dans une ville bruyante, je ne demande aucun suffrage, j'écris enfin dans un pays libre et sous la main protectrice d'un grand roi qui lui-même sait écrire'. « IL se plaisait à se sentir affranchi des contraintes de la pensée. Pas de persécution dans ce pays protestant, écrivait-il, oubliant le sort que Rousseau avait trouvé dans le Val de Travers; au moins, lui, Mercier, put-il à bon droit se féliciter d'échapper à toute inquiétude de ce genre. Autre soulagement et des plus précieux. Dans cette petite ville, « la discorde littéraire n'a jamais pénétré, car je suis le seul qui tienne la plumet »
1. La Destruction de la Ligue, VHabitant de la Guadeloupe, les Tombeaux de Vérone, Zoé (1782), la Mort de Louis XI (1783), Montesquieu à Marseille (1784), Portrait de Philippe 11 (1785).
2. B. de N., Il, 388. Ce grand roi était Frédéric II, souverain de la principauté de Neuchâtel.