T. de P., VIII
3 Ibid , n, 164. La rencontre, toutefois, ne se fit qu'assez tard. Lavater ne connaissait pas encore Mercier le 18 février 1784, jour où il lui écrivit pour lui recommander deux voyageurs français qm étaient dans le malheur. Sa lettre se terminait par ces li-nes : .. Vous souflrirez que je vous aime et respecte, malgré la grande différence quil y
tait pas pour l'arrêter, surtout si, comme le rapporte une plaisante anecdote souvent répétée, il eut sur lui-même et dès le début à en éprouver la vertu. A la première inspection de ses traits, Lavater, prétendait-on, aurait reconnu, dans ce visiteur qu'il n'avait jamais vu, l'auteur du Tableau de Paris ' .
11 eut, ailleurs, la bonne fortune d'une autre rencontre illustre. Se trouvant à Lausanne le 24 juillet 1784, il y fut reçu de la manière la plus flatteuse par le Prince Henri de Prusse qui agréa de ses mains un compliment en vers dont la jeune Germaine Necker, la future M"'= de Staël, venait de lui débiter le texte'. Si dégagé de préjugés que fût Mercier, c'était le propre frère du roi philosophe, de son héros de prédilection, qui inspirait sa muse, et dans son entraînement il ne ménagea point de flatteuses allusions à la guerre de Sept ans qu'il eût été mieux inspiré de passer sous silence. Mais tel était le train du temps et le ton des philosophes quand il s'agissait du grand Frédéric.
Il vit aussi Genève, Lucerne, Soleure, alors capitale diplomatique de la Suisse, où il eut, avec son obligeance accoutumée, à s'entremettre, auprès de l'ambassadeur de France, en faveur d'un compatriote quelque peu compromettant, le marquis de Langle, dont je trouve, esquissée dans les papiers inédits de Mercier, la fâcheuse histoire. Ce singulier gentilhomme ne voulait rien faire qui convint à son rang : il méprisait Pétat des armeS;, parce qu'il est malsain d'ofi"rir sa poitrine nue à des canons chargés, et la di-
a eutre quelques-unes de nos opinions et de nos sentiments. » Papiers de M. Diica.