‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 305 sur 521 · T. de P., préface, xvii, xviii · texte numérisé non relu

T. de P., préface, xvii, xviii

sances nouvelles, mais nous n'avons plus les vices qui dérivent du fanatisme, de la superstition, de l'orgueil des rangs, de la hauteur capricieuse. Les idées saines d'un pays circulent et s'identifient, pour ainsi dire, dans les têtes des pays voisins... Le genre humain marche donc à une maturité qui le dégagera de ses erreurs... ^ » Et ailleurs : « La lie des opinions humaines se dépose insensiblement... et il esta présumer que la boisson dont nous allons jouir sera pure et saine... '» Telle est chez lui la conviction inébranlable, répétée à satiété et à laquelle on ne saurait, dans le passage qui précède, refuser tout au moins la noblesse de l'inspiration et la modération du langage. Veut-on entrer davantage dans le détail, descendre de quelques degrés, dénombrer en quelque sorte les brevets de satisfaction dont Mercier juge son temps digne? Après le cœur et l'esprit de l'homme, voici ce que la douceur et la commodité de la vie lui paraissent mériter d'éloges : « La cuisine d'aujourd'hui est plus délicate et plus fine, même plus saine que celle qu'on faisait il y a quarante ans. On chante, on danse mieux, ainsi qu'on fait de meilleurs ragoûts. A tout prendre, on joue mieux la comédie (Dieu sait si l'aveu est méritoire !). La médecine est moins meurtrière et la chirurgie offre des cures merveilleuses; la chimie est étonnante dans ses découvertes nouvelles. Nous commençons enfin à sentir la bonne musique (celle de Gluck) et à l'adopter. Nos habits sont moins gênants, plus simples, plus frais et plus commodes. On fait de très jolis vers et avec profusion (son enthousiasme l'emporte à une singulière contradiction!) Ce n'est plus même un mérite rare. Nous avons des livres plus pensés, plus profonds que ceux de l'autre siècle et tout autrement importants. Je suis sûr que nous serons encore surpassés par la génération future : car, tandis que des esprits très chagrins ou très ignorants crient à la décadence, je vois qu'au lieu de reculer, tout avance '. yr

A qui il en fait honneur, nous le savons déjà, aux propagateurs des lumières, aux gens de lettres et aux savants. C'est là le Ion normal. Mais la science vient-elle d'ajouter à ses bienfaits une nouvelle, une éclatante découverte,

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