IV
il rencontre le chien crotté, le bœuf qui va se faire assommer...; pour lui, propre et svelle, sans crainte du bouclier, averti par la baguette et non frappé, il réjouit la vue et l'odorat. Leste comme sa conductrice, il a marché sur le pavé fangeux plus légèrement encore que le petit maître en équilibre, aucune tache ne défigure son sabot. Il dépose aux portes les (leurs dont il est paré plutôt que chargé et revole ensuite à la campagne'. » Mercier poursuit sa marche. Devant lui s'avance à pas pesants un portefaix à demi ployé sous ses crochets. « C'est une glace qui occupe toute la largeur et qui fait danser toutes les maisons pour qui la suit et la regarde*. » Notre observateur n'a garde d'en négliger la remarque.
Vous pensez bien qu'il ne manque pas non plus de s'arrêter devant les affiches dont il est un si curieux lecteurs ; elles viennent justement d'être appliquées au mur par des afficheurs munis d'un privilège à cet effet et qui sont quarante, tout comme MM. de l'Académie Française, ils savent leur devoir et s'entendent à maintenir un certain rang entre les annonces des pièces qui se joueront le soir aux différents théâtres. Jennnot chez le dégraisseur y figure, tout comme Athalie, mais à distance respectueuse de cette dernière. L'Opéra domine tout. « Les spectacles forains se rangent de côté comme par respect pour les grands théâtres. » Le mur est bariolé de bien d'autres papiers encore, arrêts du Parlement, arrêts du Conseil qui les cassent, ventes après décès, chiens perdus, inventions de charlatans, » Les places pour le placage sont aussi bien observées que dans un cercle de gens du monde. Ainsi, les « affiches mondaines et coloriées regardent de loin les affiches pieuses et sans couleur qui s'éloignent, pour ainsi dire, autant qu'elles le peuvent de l'assemblée profane », ce qui n'empêche pas néanmoins un voisinage inquiétant de se produire parfois entre Mahomet et la Science du Crucifix, livre pieux que Mercier, qui lisait tout, a lu aussi. En revanche, on n'y trouve plus, comme jadis, de ces placards satiriques sur les affaires du jour, qui s'appliquaient sur la façade des maisons, à la barbe du guet, et au moyen d'un si plaisant stratagème. « Un homme