An 2440, i
chargé d'une grande hotte, en se reposant s'arrêtait sur une borne contre laquelle il restait appuyé, la hotte toujours sur le dos et l'air fatigué. Pendant ce temps, un petit garçon accroupi dans le fond de la hotte n'avait qu'à passer les deux mains pour plaquer contre la muraille l'affiche enduite de colle. Il était masqué par les deux rebords. Il se renfonçait bien vite en se voilant la tête, et l'homme de partir à pas lents, laissant l'écrit à la vue des curieux. » Le lieutenant de police a passé par là, bien entendu, car rien à Paris ne s'imprime sans son aveu que les billets de mariage et les billets d'enterrement. Quelques personnes toutefois poussent encore la licence jusqu'à faire imprimer sans permission leurs cartes de visite'. Le nez levé pour lire toute cette bigarrure, Mercier coudoyait tout-à-l'heure un groupe de braves gens qui ne connaissent guère du théâtre que l'affiche et qui ce soir rêveront qu'ils ont vu la pièce pour en avoir lu le titre. Il ne les oablie pas dans son cœur.
A la bonne heure, les affiches, mais les estampes n'auront pas un regard de Mercier. C'est qu'elles sont licencieuses à rendre jaloux le temps où nous vivons. « On n'y voit que nudités capables d'alarmer la pudeur, attitudes et postures lascives qui inspirent à la jeunesse le goût de la débauche et corrompent les regards même de l'enfance*. » Vaine plainte! Autant en emportent les révolutions.
Cependant Mercier qui s'indignait est brusquement tiré de ses réflexions. Dans un fracas d'enfer, voici un wiski de petit-maître qui tourne l'angle de la rue et s'arrête court à la rencontre subite d'une calèche toute branlante. Mercier sait ce que vaut la protection illusoire des bornes placées devant les maisons et qui n'atteignent pas la hauteur des essieux. Tout à l'heure, abimé dans la contemplation des affiches, n'a-t-il|pas pensé se faire enlever le gras du mollet? Oh! ces voitures! De quelle haine il les poursuit! et quelles ennemies personnelles pour un explorateur de Paris tel que lui. Quand prendra-t-on souci du piéton et construira-t-on enfin des trottoirs comme à Londres '? Voilà longtemps qu'il