Les Ilijpocriles
2. Notous eu passant que les Contes moraux publiés par Mercier sous soû uom eu 1769 oui été. confondus à tort avec uu autre ouvrage anonyme qui parut la même année et qui était intitule : Contes moraux ou les Hommes comme il y en a peu. L'erreur a été commise par Quérard et par M. Tourneus dans son édition de Grimm, vuf, 255.
3. 1769. Année littéraire, m, 20u. Mercure, i, 91. Journal Encyclopédique. V, 46:i.
64 SÉBASTIExN MERCIER
un poème en vers sur le Génie, lu en public à l'Académie, et non sans applaudissements, le jour de la Saint-Louis de 1766*. On y relève ces deux vers d'assez fière tournure qui proclament le génie indépendant des règles.
Admire un vol hardi, ne le mesure pas. Pour franchir l'univers, les dieux ne font qu'un pas.
Nommons encore les Amours de Chérale (1767) *, poème en prose oîi la vertu et la passion font un bizarre assemblage; la Lettre de Dulis à son ami (1767), héroïde saugrenue et répugnante, confession d'un moine qui, veillant le corps d'une jeune fille trop aimée, ne peut résister à sa passion etressuscite ainsi la fausse morte^ exemple bien significatif de la déformation des objets dans le cerveau illuminé de Mercier, puisque cette triste conception, bonne à inspirer un conteur grivois, est traitée par lui avec le plus grand sérieux et ne lui donne lieu que de plaindre l'erreur d'un cœur épris, sur qui la vertu n'a pas perdu ses droits*. Il n'y a de même qu'une brève mention à faire des Songes d'un /termite^ qui parurent en 1771. Ces innocents apologues de morale familière ne nous apprennent rien de nouveau sur les idées de l'auteur.
Prose ou vers, Mercier, à trente ans, avait déjà publié plus d'une douzaine de volumes et brochures. Quelque mesure d'indulgence ou de sévérité qu'on y veuille appliquer, ces premiers ouvrages du jeune écrivain ne seraient point par eux-mêmes des titres suffisants à l'attention, si plusieurs, ceux dont l'analyse remplit les pages précédentes, n'apportaient à l'histoire morale de leur auteur d'utiles éclaircissements. En nous révélant l'œuvre à laquelle il engage sa vie et l'inspiration maîtresse qui ne ces-
1. Mercure de France, cet. 1766. Recueilli plus tard dans Mon B. de N., IV, 3S. Eu outre de ce poème, Quérard eu signale un autre qui serait de la même année et que je ne connais pas : Le génie, le yoûi et l' esprit, en quatre chants.
2. Corv. tilt., vu, 324. Le Journal de Neucfiâtet compara obligeamment ce petit ouvrage au Temple de Cnide, 15 juin 1784, p. 440.