Corr. liit., mi
4. Fréron rendit le compte le plus flatteur de cette monstrueuse histoire. A?in. litl., 1768, vi, 206. Eu changeant d'avis sur l'auteur, il devait, il est vrai, en changer aussi sur l'ouvrage. Ibid., 1773, i, .'iS.
o. Journal Encycl., 1771, iik 73.
SA VIK, SON ŒllVRi;, SON IKMI'S 65
sera jamais do lo diriger, ils nous aident à c()m|>rendie le clioix de ses futurs sujets, tous moralement utiles : idéal d'une humanité supérieure {An 2440) : moralisation des hommes par renseii,niement le plus accessible et le plus répandu [Tkéâlre); dénonciation des maux de la société pour en provoquer la réparation [Tableau de Paris). Ils nous laissent aussi pressentir (jucn mettant toutes ses (acullés au service d'une si noble cause, un esprit de cette audace sera sans pitié pour tout ce qui la contrarie ou même pour tout ce qui ne la sert pas et lui demeure étranger. De là la conception particulière qu'il se fera et du livre et du théâtre. De là la fureur qu'il déploiera contre l'art classique, les règles, les unités, tout ce qui lui déplaisait déjà d'instinct, tout ce qui décevait en lui une imagination ardente, jalouse de sentir et de servir, tout ce qui, dans les lettres est purement littéraire, à ce titre, arbitraire, superflu, par suite illégitime et nuisible. De là ses attaques violentes contre les autorités qui consacrent toute cette littérature usurpatrice, ses efforts pour la supplanter. De là, et à la faveur de la mission qu'il entend remplir, les justes critiques que sa hardiesse d'esprit lui suggérera, les vues d'avenir, et aussi les paradoxes effrénés, et les fougueuses batailles de plume où il portera et recevra tant de coups. Tel qu'il s'accuse dans ces premières pièces justificatives de sa vocation, Mercier est une âme simple, robuste et croyante. Il sait à quoi il croit, et il y croit mordicus, à tout jamais, de toute son âme, de la foi la plus inébranlable. La providence divine, la destinée humaine, la sienne propre n'ont plus à ses yeux aucune obscurité. Aussi jouit-il d'une sécurité et d'une sérénité sans bornes. Nous l'avons vu, son imagination le mène loin et haut, mais où qu'elle le transporte, il y est de plain-pied, sans malaise et sans angoisse. Il lit l'Ecriture sainte, il s'y complaît, il a l'émotion du sublime biblique si peu familière à ses contemporains*, mais le vertige ne le prend pas sur ces cimes, il a, dans ses rapports avec la Divinité l'aisance confiante du curé de campagne, car il ne connaît pas le doute. Il ne doute ni des hommes, ni de la morale, ni du devoir, il voit, clair comme le jour, ce qui importe, ce qu'il doit faire, ce