‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 324 sur 521 · I, 254-257, passim · texte numérisé non relu

I, 254-257, passim

crit avec une attention, une patience minutieuse et un soin de naturaliste. Le signe du terroir, le cachet de la ressemblance y est toujours. Voici par exemple pour les particularités physiques : « Le peuple est mou, pâle, petit, rabougri... La fibre y est molle et détendue, l'épaisseur de l'atmosmosphère en relâche le ton, et les couleurs vives sont rares sur les visages'. » Et voilà pour les particularités morales. Ne nous reconnaîtrons-nous point dans ce miroir? « Le Parisien s'échauffe d'abord avec une espèce de frénésie; le lendemain il tourne tout en ridicule, parce qu'il ne cherche que l'amusement". » Cette accusation un tant soit peu humiUante, jurerions-nous qu'elle ait perdu tout fondement? « Le plaisir est la chose publique ; les événements nationaux ne sont pour Paris que des sujets d'entretien qui circulent comme nouvelles du moment; la chute des ministres n'occupe les esprits que trois ou quatre jours; passé ce temps, les histrions reprennent leur prépondérance". »

Et n'est-ce point un travers proverbial parmi nous qu'il décrit en ces termes d'une crudité si expressive : « 11 ne faut que les fesses d'un singe pour faire courir tout Paris * », d'autant moins suspect de s'y méprendre que, sans doute, il s'en fût bien, lui-même et des premiers, reconnu atteint? L'empire de la mode enfin, prétendrons-nous que Paris l'ait secoué et qu'il convainque Mercier d'imposture pour en avoir, d'un trait si sûr, marqué l'importance énorme, la bizarrerie et la mobilité? a Les bilboquets, les dragées, les devises, les calottes, les pantins, les magots ont eu leur

Page 1