‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 333 sur 521 · VI · texte numérisé non relu

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3. VII, 97. Voici d'ailleurs, qui pour un homme de lettres, est peutêtre moins supportable encore : « La moitié de Paris, au moins, ignore ce qu'était Voltaire! » xi, 168. Et, dans une rédaction manuscrite du même passage, je rencontre cette variante significative : « ignore qu'on ait fait le Tableau de Paris. »

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Pour la curiosité, l'avidité de voir du nouveau, les occasions ne lui manquent pas de la prendre sur le fait et la sienne y est toujours la première prise. « Qu'un homme lève les yeux en l'air et regarde attentivement un objet quelconque, vous en verrez plusieurs s'arrêter aussitôt et promener leurs regards du même côté, croyant fixer le même objet. Peu à peu la foule augmentera et tous se demanderont l'un à l'autre ce que l'on regarde. Pour un serin échappé et posé sur une fenêtre, voilà toute la rue obstruée par la foule ; et, dans l'instant qu'il vole d'une lanterne à une autre, les acclamations, les cris s'élèvent généralement; toutes les fenêtres s'ouvrent et sontgarnies; l'indépendance momentanée du petit oiseau devient un objet d'un intérêt général*. »

Mercier y était, j'en réponds, comme aussi il était en bon rang pour se donner, certain dimanche, le spectacle du tumultueux embarquement des Parisiens pour Saint-Cloud. La galiote est pleine, mais il y a de petites barques où l'on s'entasse. « C'est à qui entrera le premier dans le batelet; alors c'est presque un combat entre la garde qui leur donne des coups de bourrade pour les empêcher de se noyer et les badauds qui ne veulent pas désemparer le batelet chargé... Il y en a toujours quelques-uns qui tombent à l'eau. On les repêche, mais cela ne ralentit pas l'ardeur des poursuivants. » Sur le quai, cependant, des véhicules de toute sorte s'alignent pour conduire les curieux aux grandes eaux. « Les plus prudents s'entassent sur des charrettes qui sentent les choux et le fumier qu'elles voiturent toute la semaine. De petites demoiselles endimanchées, montrant d'abord leurs jambes, escaladent la voiture à jour. Les voilà rangées comme une marchandise à vendre et pressées Dieu sait ! Dès que le charretier jureur à donné Je premier coup de fouet, toutes les têtes féminines ballottent, les bonnets se dérangent, les fichus aussi, c'est le moment des petites licences et les gros mots du charretier semblent préluder au ton du jour ^ » Je gage à coup sûr qu'il aura été du voyage, il en connaît trop bien les cahots et sait par le menu ce qui arrive quand l'essieu rompt. Et c'est aussi, de sa personne, qu'il a maugréé contre les cabaretiers fripons qui taxent à l'innocent public la vue des cascades, l'abreuvent de « vinaigre fouetté » et

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