IX, lo
témoigner aucun attachement ni aucun regret Telle
maîtresse essaie dix servantes dans un mois. Celles-ci, accoutumées à faire leur paquet, passent de maison en maison, en baptisant du mot de baraque toutes celles où la
cuisine est maigre ou surveillée de trop près Tous les
détails de la lésinerie des maîtres sont dans leurs bouches. La plus effrontée et la plus astucieuse harangue les autres et leur enseigne toutes les petites rebellions de la désobéissance et toutes les petites ruses de l'escamotage des cuisines *. » Ne voilà-t-il pas une image bien vivante et un enseignement précieux? Nous nous en doutions bien un peu, mais en vérité le mal date de loin et c'est au delà de Mercier qu'il faut donc remonter pour rencontrer le bon vieux temps. Car il a existé, lui-même s'en porte garant. Du temps de nos grand'mères, affirme-t-il, les choses allaient autrement, et, si elles sont gâtées, n'en sommes-nous point un peu coupables? Alors, les domestiques faisaient partie de la famille, ils étaient traités assez rudement, mais avec affection. Aujourd'hui on en use plus poliment, mais on les méprise. Us le sentent et deviennent nos ennemis'.
Mais fuyons ces vilaines, quittons le Jardin de l'Infante. N'est-il point d'autres ombrages? Mercier, qui les connaît bien tous, nous les caractérisera successivement. Vous faut-il « une promenade sage, tranquille, solitaire, philosophique? » Tout justement le Luxembourg vous offre ses belles allées que la mode déserte'? Les mères y promènent leurs filles, on y rencontre de doctes et discrètes personnes, des ecclésiastiques, des « littérateurs honnêtes », des étudiants sages « qui se dérobent aux mœurs du siècle. » Bref « on peut y lire Marc-Aurèle », sans y prendre envie de rougir de soi, comme en tel autre lieu ; et, pour peu qu'on s'y attarde, « les suisses des portes donnent à manger; on dîne à l'air,