‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 355 sur 521 · T. de P., I, 278, 279; viu · texte numérisé non relu

T. de P., I, 278, 279; viu

service, sous le nom de jockeys. C'est d'Angleterre que "viennent ces redingotes à triple collet dont s'afTublent les deux sexes et, dans leur zèle à suivre la mode nouvelle, les Parisiennes se coiffent en catogan, adoptent le gilet coupé'. Les imprudentes, elles prennent la livrée de l'ennemi qui les détrône ! Libre à Mercier de saluer Tavènement des coiffures plates, lui qui a tant déclamé contre les chefs-d'œuvre des perruquiers, sans avoir pu, d'ailleurs, encore obtenir l'abolition des faux cheveux'. Avec les ajustements à la française, c'est le règne des femmes qui est menacé de disparaître. En croyez-vous cette déposition? « Les jeunes gens ont la fureur des chevaux et, depuis quelque temps, on quitte pour eux les filles d'opéra. Ces jeunes gens vous parlent avec gravité des rares qualitésde leurs juments, de l'éducation qu'ils leur donnent, de tous les caprices qu'ils ont remarqués en elles et qu'ils ont corrigés avec un mélange de sévérité et de douceur, le long des boulevards

Tous ont le costume d'écuyers et le gardent jusqu'au soir; ils ont un air gauche quand ils s'habillent... L'élégant de nos jours diffère tellement du petit-maître qui régnait il y a quarante ans que, s'ils pouvaient se rencontrer, ils se croiraient tous deux d'un pays antipode. Notre élégant n'est plus un Adonis pomponné, musqué, efféminé ; il passe la matinée dans les rues, botté et fourré, tenant un fouet, rossant son jockey pour n'avoir pas rempli ce qu'il n'avait point ordonné^ montant dans son cabriolet, jurant et pestant contre tout le monde et sans colère, parce qu'il est de bon ton de se fâcher sans sujet". »

Mercier, qui a d'autres raisons d'aimer les Anglais, n'est pas sans s'impatienter d'une imitation trop souvent niaise; mais c'est ailleurs, et quittant ce chapitre, qu'il nous dira, sans y penser, les ravages que Tanglomanie a faits dans nos mœurs. Hélas! l'exquise sociabilité du xvin'' siècle en a reçu la première des atteintes auxquelles elle ne survivra

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