‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 365 sur 521 · IV, 69; III · texte numérisé non relu

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ses sociétés... Mais quelle que soit la vie particulière, jamais on ne manque aux égards que l'on se doit réciproquement. Voyez-les ensemble, c'est l'image de la concorde, c'est le langage, sinon de l'amitié, au moins de la complaisance attentive. Jamais les disputes intérieures ne sont remarquées de l'étranger, ce serait un vrai scandale. La femme aigre, impérieuse rencontre ordinairement un mari plus raisonnable qui lui cède et ne fait que rire de ses caprices. » D'ailleurs, et pour peu que ce dernier y mette du sien, le monde ne se tient point avec lui en reste de bons procédés. C'est ainsi que les histoires de maris trompés sont jugées d'un goût détestable et rigoureusement proscrites des bonnes sociétés, on ne les y souffre guère qu'en petits vers'.

S'il en coûte cher pour se marier et souvent plus cher encore de s'être marié, on n'a pas de peine à croire que plus d'un, dans les deux sexes, prend le parti d'y renoncer. Et voilà le célibat de plus en plus en faveur. « Les filles laides et nubiles abondent, les jolies ont encore beaucoup de peine à passer. » Aussi, « on a raisonné depuis peu le célibat comme une situation plus douce, plus sûre et plus tranquille. La fille célibataire par choix n'est point rare aujourd'hui dans l'ordre mitoyen ; des sœurs ou des amies s'arrangent pour vivre ensemble et doubler leurs revenus en les plaçant en rentes viagères'. »

Quant aux hommes, leur sort se devine et, dans deux endroits différents. Mercier en trace tour à tour une image indulgente et une autre odieuse, vraies, toutes les deux, il faut l'avouer, selon le cas. Par la perversion des fins naturelles aux deux sexes et faute de trouver une compagne digne de lui, le solitaire s'arrange pour vivre commodément. Il prend une gouvernante. Si elle s'entend aux détails domestiques dont elle a la charge, si elle est attentive et bonne, il vit en paix. « Ce qui constitue le bienêtre et la douceur de la vie, c'est un assemblage de petits soins toujours renouvelés qui, pris en particulier, ne sont rien et qui,, rassemblés, forment une suite d'agréments. Les

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