III, 153 ; VI
2. IV, 37, 38. Le remède serait de se marier sans dot et de confondre les rangs. On se rappelle la Brouette du Vinaigrier. Préoccupé de la question. Mercier se promettait d'ailleurs, de la traiter dans un livre, des Demoiselles, qu'il n'a pas écrit, xi, 91.
SA VIE, SON ()i;UVI{K SUN TKMPS 561
légers offices entrent pour beaucoup dans le bonheur dont la base est le calme et le repos. Voilà pourquoi telle femme qui parait laide et fastidieuse fait la félicité complète d'un homme qui le préfère à toute autre, parce qu'à chaque heure il voit naître un petit service qui produit un petit plaisir. »
Telle apparaît une face du tableau, et, puisque la société elle-même est coupablede réduire beaucoup d'hommes à vivre ainsi en marge de ses lois, Mercier estime quelle devrait du moins atténuer les conséquences de son injustice et ne pas refuser un certain degré d'estime aux compagnes fidèles de ceux qui n'ont pas toujours été maîtres d'en choisir d'autres. S'il ne dépendait pas d'elles de trouver à se marier, ne manquera-t-on point à la justice en les comprenant dans la réprobation attachée à l'inconduite et ne devrait-on point leur tenir compte de se conformer à un devoir de leur façon? N'est pas difficile qui veut, en fait de tâche à remplir '.
Que l'on se rassure pourtant : la sévérité alarmée a de quoi se complaire à l'autre face du tableau. On y voit la destinée misérable du célibataire, trompé dans le jeune âge, volé dans la vieillesse, abandonné au lit de mort, engagé sa vie durant dans des liens inavouables, livré aux aventurières, exposé au danger de troubler les familles, d'être coupable après avoir été inutile *. Implacable au reste ou accommodant, le moraliste n'arrive-t-il pas aux mêmes conclusions contre le méfait de la communauté qui provoque à son propre préjudice un si étrange renversement de l'ordre naturel ?
Sous quelque forme et en quelques termesqu'on l'énonce, — qu'il mette en cause au nom de la vertu alarmée la vie de société, les lettres ou le luxe, — le problème, en vérité, semble être de ceux qui ne comportent point une solution absolue. Avant même que Diderot s'en fût mêlé, le simple bon sens ne nous avait-il point avertis que plus il y