‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 369 sur 521 · IV · texte numérisé non relu

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cates aptitudes. Cela est surtout remarquable chez celles qui ont vécu dans le commerce d'hommes supérieurs et leur ont emprunté ce qu'il fallait de leurs connaissances. On ne trouve point chez elles « un savoir pédantesquC;, capable de décréditer toute connaissance », mais « une manière propre d'oser penser et parler juste » qui ferait, en vérité, renier à Molière l'inspiration de ses Femmes savantes^. Il y a plus. La civilité a d'autres offices encore, et ce n'est pas assez que de la louer pour ses mérites de parure ou de parade. AfTaire d'esprit, tant que l'on voudra, rien n'empêche que le cœur en prenne sa part, et justement il n'eut jamais autant d'esprit qu'en ce temps. Presque une vertu, disais-je de la civilité, par sa diligente répression des vices insociables, elle est une vertu tout de bon, quand le cœur s'en mêle, une vraie vertu, la perfection de l'hospitalité. Rien n'est plus répandu, plus fréquent que l'usage de tenir table ouverte. Dix-huit à vingt mille hommes', dans Paris, trouvent chaque jour leur couvert mis dans une maison différente dont ils sont les commensaux réguliers. Cela fait grandement leur affaire, mais cela ne fait pas moins d'honneur à leurs hôtes. Qu'on tienne compte de l'ostentation et du besoin de se désennuyer chez les uns^ que Ton relève chez les autres un goût trop marqué et une habitude de complaisance, il n'en reste pas moins, à tout prendre, que la vie de société ne saurait produire de mœurs plus cordiales, plus favorables à la confiance, à l'épanchement. Mercier se révolte avec horreur contre le seul mot de parasite, bon, soutient-il, à rayer de la langue. « L'oiseau qui de son bec saisit en volant un pauvre petit grain et l'emporte dans son nid et un poète qui va dîner chez un fermier général... prennent également tous deux ce qui leur est dû*; » et, pour sa part, nous l'en pouvons croire, c'est

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