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rique là-dessus et il s'en afflige. Il n'y a presque plus de transports violents. « Ce que l'imagination, ou exaltée ou trompée, avait ajouté de trop à l'amour, on l'a émondé. » 11 n'est plus le mobile et l'objet unique d'une vie, il ne livre plus au délire toutes nos facultés, il ne revêt plus aucun caractère grandiose ou farouche. On ne se bat point pour les femmes, sous peine de ridicule^ un amant délaissé ne prend pas de poison et les peines contre le viol pourraient être effacées des lois. L'amour est surtout mitigé, décent^, délicat, respecte la raison et les convenances, n'exige pas trop de sacrifices et ne manque point à l'honneur. La société tue la société, à ce que pense Mercier. « Les deux sexes, à force d'être réunis, ont éteint toute l'impression qu'ils doivent faire l'un sur l'autre. » Où est le temps où l'amant battait sa maîtresse, et le père de famille, sa femme, sa fille, sa servante ! « Car battre ce que l'on aime, lui donner quelques soufflets, voilà le secret du cœur vivement épris... Ces petites injures, on les répare avec usure par des larmes brûlantes et par des flots de tendresse. Quiconque n'est ni jaloux, ni colère ne mérite pas le titre d'amant. » Mais les femmes d'aujourd'hui n'entendent rien à leur bonheur: elles ne veulent être ni grondées, ni battues. « Les infortunées ! Elles ne connaissent pas tout le prix d'un soufflet qu'applique l'amoureuse colère, l'avantage inappréciable d'une robe déchirée. » Et Mercier, qui ne se console pas de mœurs si tempérées, s'en va, de désespoir, chercher l'image d'une véritable flamme dans les vieux auteurs, dans VAstrée ou dans Clélie, où il ne se trouve point de horions à la vérité, mais où l'on savait soupirer avec une si copieuse patience aux pieds de finhumaine '.
Que suit-il de là? Que les fantaisies ont pris la place des passions? Que la langue de l'amour est supplantée par celle de la galanterie et de la licence? Cela est vrai dans beaucoup de cas, on le sait assez, et, d'ailleurs, on en tire trop d'avantage, car ce n'est pas chose nouvelle dès lors, ni près de finir depuis. Mais y aurait-il par hasard quelque grief à en tirer contre la politesse et la douceur des mœurs? De ce que la fureur amoureuse décroît, leurimputera-t-on, à cette douceur et à cette politesse, d'avoir tari, d'avoir desséché en nous la source de la sensibilité? Oh I que non pas! et