‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 376 sur 521 · vil · texte numérisé non relu

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basse extraction sans que leurs travaux aient honoré ou servi la patrie. » Leurs richesses ont d'autres sources, et, dans un mouvement d'âpre véhémence qui rappelle Tacite ou Saint-Simon, Mercier ajoute : « Un travail obscur, une science particulière et infernale, voilà ce qui a tout à coup décoré et élevé au-dessus de nos têtes ces hommes de néant. Qv.i festinat ditari, non erit innocensK » Cependant tout travaille, tout s'ingénie pour que ces enrichis jouissent à loisir de leur indolence et de leurégoïsme. Autant que coûteuses, leurs fantaisies sont stériles. Elles ont toutes un vil caractère de jouissance exclusive. Encore si l'on pouvait compter quelques fondations utiles, quelque bien fait au public! « Mais non, leurs folles profusions ne dépassent point tout au plus le cercle de quelques parasites".»

Ici, dans son indignation, nous le remarquons, Mercier ne craint plus d'employer ce terme de parasite qui, ailleurs, lui semblait impie, de même aussi qu'il passe toute mesure en méconnaissant les exemples nombreux de bienfaisance qui, de toutes parts, couraient les rues. Là-dessus, au reste, nous n'aurons qu'à le laisser parler, il se corrigera lui-même.

Pour le moment, son irritation ne connaît pas de bornes. Que signifie cette abondance scandaleuse-'* Faut-il, dans une si grande disette de métaux précieux, voir dresser chez un particulier des pyramides de vaisselle plate? Encore, et pour comble de folie, la mode est-elle de faire refondre tous les ans son argenterie. « Faut-il trente chevaux pour aller souper en ville deux fois la semaine? » Et ces laquais oisifs qui emplissent les antichambres, au grand détriment de l'agriculture désertée? Et ces maîtres d'hôtels qui vous ruinent « pour bâtir des desserts auxquels on ne touche presque pas »? Et ces jardins anglais, avec leur bouffonne prétention de reproduire en quelques arpents toutes les merveilles de la nature'? « N'ayez pas peur qu'on mette des impôts sur les roues de carrosses, sur les chevaux de selle, sur les chiens de chasse, sur les valets, sur les maîtres d'hôtel, sur les portes cochères, sur les tableaux et statues, sur les jardins anglais, etc. Ceux qui imposent ont de tout

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