‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 378 sur 521 · vu · texte numérisé non relu

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trouver l'argent et adressent, sans oublier leur profit, les bourses plates à certains habiles compères qui; n'ayantplus à perfectionner un art en son point de perfection, continuent pour Téternité les fructueuses combinaisons déjà décrites par Molière. « La moitié de la ville est aux emprunts, point de maison qui ne soit chargée d'hypothèques, on ne voit que contrats spéculatifs, on n'attend plus la rentrée paisible des intérêts, on veut anticiper sur l'avenir, on force l'usure, et l'usure punit celte avidité extravagante*. » Des intrigants aux aguets sont là sur le passage du Parisien à sec : acheteurs de procès ou acquéreurs de rentes viagères qui, après avoir calculé les chances de longévité de leur client, lui achètent au plus juste prix le pain quotidien de sa vie entière. Ceux-là ne manquent point d'occasions et c'est peut-être un des pires scandales du temps que la fureur générale des placements à fonds perdus. Il s'agit de jouir dans le présent, Foin de la vieille prévoyance ! Le gouvernement, qui est intéressé à trouver des prêteurs, ne favorise que trop leur penchant. On oublie les liens de famille, l'amitié, la reconnaissance, on fait du roi son légataire universel, on vide le coffre-fort en échange du précieux parchemin qui garantit, la vie durant, dix pour cent d'intérêt. A la mort du rentier, sa pauvreté éclate. Il n'y a plus de quoi payer son convoi, il faut que les parents se cotisent et l'on voit alors le peu de place que tenait le défunt dans le cœur de ceux qu'il a frustrés de sa succession'.

Dans une si rude bataille pour l'argent, considérez cependant les vaincus et les victimes, toute cette multitude que la Ferme et la loterie dépouillent, qui, par l'eff^et de la barbare coutume dont on vient de parler, ne connaît guère, en fait d'héritage, que les titres de rentes désormais annulées, et considérez aussi, à ceux qui n'ont que le bon vouloir de vivre, combien la nécessité se fait pesante, par tant d'impôts à payer et tant d'entraves mises à l'industrie, par le déplacement et l'incertitude des états, le défaut de circulation, la hausse prodigieuse des denrées, les routes du commerce obstruées ^ Ajoutez-y la cruauté des travaux

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