S90 SEBASTIEN MERCIER
n'a certes pas ménagé les plaintes contre l'odieux charnier des Innocents qui entretenait la pestilence au cœur même de la villes On vient enfin de le fermer". Les démolitions se multiplient suivant son vœu ; plus de maisons sur les ponts, plus d'obstacles aux grands courants d'air de la rivière ^ Le scandale des hôpitaux est en voie de réparation et il existe chez les Frères de la Charité jusqu'à deux cent cinquante lits où l'on couche seul*.
C'est encore un beau succès remporté par l'humanité que le grand soin donné à la fabrication du pain : une école de boulangerie a été créée à Paris et les fraudes coupables des pétrisseurs sont punies. Voilà un progrès dont Mercier fait honneur à la chimie et l'alimentation humaine attend d'elle bien d'autres merveilles s. Rien qui presse davantage : le peuple est empoisonné par une odieuse et savante falsification des vins et des denrées*, et il serait nécessaire par dessus tout qu'on instituât un conseil de santé pour les réprimer'. L'hygiène publique exige encore beaucoup de réformes. C'est fort bien fait d'avoir construit des égouts — Turgot avait commencé ce grand travail — , mais on ne les cure pas et ils sont en danger de se combler, au grand détriment de la santé des Parisiens*. Surtout il faudrait à ceux-ci de larges espaces pour se baigner à l'aise. On vient, il est vrai, d'ouvrir une école de natation, mais ce n'est qu'un premier pas, et la moitié du peuple de Paris ne se lave jamais'. Le travail réclame son assistance comme la santé : Mercier rêve l'institution d'un bureau où se négocieraient toutes les offres et les demandes d'emploi; il s'offrirait de grand cœur à le diriger^". Mais pour marcher à pas lents, le progrès n'en vient pas moins à son heure, et justement c'en est un, et des plus notables, qui s'est accompli parla création d'un Mont-de-piété".